Salta – Cafayate – Cachi – Salta : Boucle Sud
Salta – Cafayate – Cachi – Salta : Boucle Sud

Salta – Cafayate – Cachi – Salta : Boucle Sud

Après un séjour de près d’une semaine à Salta, nous reprenons la route en direction de Cafayate. Nous empruntons la Ruta 68, superbe route panoramique et asphaltée (cela fait tout de même du bien après les centaines de km de piste de la Puna!). La route part des collines verdoyantes de Salta pour monter progressivement vers Cafayate, petite oasis andine touristique qui bénéficie d’un climat chaud et sec, d’une irrigation naturelle et d’un sol très minéralisé, cocktail favorable à la culture du raisin et à la réalisation de vin. Nous traversons des vallées en suivant les cours d’eau, puis, progressivement, la végétation se raréfie et laisse place aux épineux, aux cactus de tout genre et à un paysage plus minéral, tantôt jaune, tantôt gris, tantôt rouge. Nous nous arrêtons quelques fois pour profiter de quelques points de vue et de spots remarquables. Les formations rocheuses sont belles et différentes de celles du Nord, mais bien moins impressionnantes, nous ne nous attardons pas longtemps.

En arrivant à Cafayate, nous décidons de faire le tour de la bourgade. Nous nous baladons à travers le marché artisanal. L’artisanat est très présent en Argentine et de grande qualité. Amoureux de pierres et de bijoux, c’est ici votre Paradis! Il y a aussi des articles en céramique, des lampes en cardon (grand cactus) et calebasses, des instruments de musique en bois…on a envie de tout acheter car en plus d’être beau, c’est très bon marché!

Nous quittons la place principale en suivant un défilé dansé et costumé. Les danseurs suivent un Pick-up qui diffuse de la musique en réalisant des chorégraphies de danse traditionnelle. Moment très sympa! Nous retrouvons nos amis Belges ainsi qu’un autre couple rencontrés à Salta quelques jours plus tôt et passons une belle soirée à discuter autour d’un bon verre de vin local!

Le lendemain, nous partons en direction de Cachi sur la fameuse Ruta40. Cette portion est réputée pour être en très mauvais état. En effet, il faudra rouler doucement! L’effet tôle ondulée causé par le passage de nombreux véhicule est désagréable: il va falloir une nouvelle fois dégonfler les pneus! En effet, sur les pistes de ripio, nous dégonflons à 2,5 à 3 bar pour plus de confort et pour pour protéger l’intérieur du camion. Les secousses sont moins puissantes et les vibrations amoindries également.

Malgré l’état de la piste, cette route est vraiment une des plus belles routes d’Argentine! La Quebrada de Las Flechas, forêt de roches acérées pointant vers le ciel, est vraiment impressionante, très différente de tout ce que nous avons vu jusqu’ici. On se sent tout petits au milieu de toutes ces flèches de pierre pointant vers le ciel! La route se poursuit entre canyons rocheux et vallées fertiles parcourues par le Rio Calchaqui qui offre à cette région de bonnes conditions de culture et des oasis de verdure au creux de ces monuments minéraux. J’aime beaucoup l’alliance du minéral avec la verdure des oasis. Cela crée du contraste et amène de la vie dans cet océan de pierre. Je me rends compte que je suis vraiment attachée à la verdure et que je ne pourrais pas vivre dans un endroit sans plantes. Même si j’aime beaucoup les pierres, en bijoux comme en escalade, les ambiances totalement minérales me semblent sèches et hostiles, aussi impressionnantes que morbides, comme si l’Homme n’était pas le bienvenu parmi ces géants de pierre, ou alors seulement en tant que photographe, le temps d’une visite furtive.

En fin d’après-midi, nous bifurquons à gauche en direction d’une lagune où nous retrouverons nos amis Belges, près de laquelle se trouve un spot d’escalade. La piste est étroite et sillonne à travers les montagnes avec parfois des pentes assez importantes. Une heure de pur bonheur de voir notre Inkaiko parvenir à enchaîner ces virages dans un paysage andin époustouflant! Nous rejoignons la famille liégoise déjà installée au bord de la lagune. Le lieu est magnifique! Nous sommes seuls au beau milieu des montagnes, si l’on ne compte pas les dizaines d’ânes qui nous entourent! Nous passerons une bonne soirée au coin du feu, les enfants réalisant une construction Inka avec des pierres et du ciment (totalement local!) et les adultes profitant de ce moment de répit pour bavarder autour d’un verre de vin.

Le lendemain matin, nous partons en randonnée tous ensemble en direction du site d’escalade. Une belle montée exigeante mais assez courte nous mène vers le haut de la montagne, où des dizaines d’immenses rochers rouges semblent avoir été déposés dans un désordre total. Certains tiennent en équilibre sur d’autres, créant des ponts des tunnels ou des grottes. les enfants trouvent ce lieu paradisiaque! Non pas pour la vue splendide sur la lagune mais pour les cavernes et abris qu’ils investissent en 10 minutes et transforment en un hôtel avec cuisine, chambres, accueil, bar, etc! Le repérage des voies n’est pas évident sur un site pareil. Les secteurs sont difficiles à identifier et leur approche reste exigeante. Pas de sentier balisé, parfois un peu d’escalade de rocher en rocher sans aucun assurage…il nous faut une bonne heure avant de trouver un des secteurs équipés et correspondant à notre niveau. Le temps a passé vite, nous pique-niquons ici et grimpons un peu. La journée est très chaude, les réserves en eau s’amenuisent alors nous décidons de ne pas chercher un nouveau secteur (ce qui nous prendra encore pas mal de temps) mais de rentrer aux camions. Nous passerons une dernière soirée tous les 8 dans ce lieu magique à discuter et observer les étoiles.

Le lendemain, nous quittons la lagune de Brealito non sans quelques craintes quant à la remontée par la piste. A l’aller, nous avons descendu quelques pentes en nous disant « j’espère que ça ira pour remonter ». Nous faisons ce trajet à deux véhicules pour pouvoir s’aider mutuellement en car de problème. Finalement, nos deux camions montent sans encombre, encore une fois nous sommes fiers de notre Inkaiko. Nous continuons la route jusqu’à Cachi, village andin bien plus petit que Cafayate et déjeunons ici en regonflant nos pneus et en faisant le plein d’eau avant de nous quitter cette fois pour un bon moment. Nos amis belges partent vers Humahuaca tandis que nous partons vers le sud. Nous nous disons « au-revoir » et « à bientôt » car nous sommes persuadés que nos chemins viendront à se recroiser!

La route 33 entre Cachi et Salta est elle aussi majestueuse! Elle traverse le parc de Los Cardones, immense étendue recouverte de Cardons, ces cactus géants qui ont des dizaines voir centaines d’années, puis elle débouche sur une route de montagne qui descend la Quebrada del Escoipe en des dizaines de boucles et de virages à l’épingle. Spectacle époustouflant que je ne prendrai pas en photo car j’ai passé le trajet à discuter avec une autostoppeuse qui rentrait d’un des mirador où elle vend toute la journée des tortillas aux touristes qui s’arrêtent. Elle vit un peu plus bas, non loin de la vallée. Sa mère tient un parador (sorte de petit restaurant pour faire une pause, manger un snack ou boire un verre). Chaque matin, cette femme _qui semble avoir à peu près mon âge_ monte en stop en altitude pour vendre ses tortillas et redescend le soir venu. Elle est ébahie par notre camion et nous confie qu’elle n’avait jamais vu d’intérieur de camping-car. Un an de voyage, pour elle comme pour la quasi totalité des gens d’ici, c’est inconcevable. Elle parvient à se libérer 14 à 21 jours (week-end compris) répartis dans l’année depuis qu’elle est à son compte. Elle rêve de partir un peu en vacances, par exemple au Nord de Salta ou un peu plus au Sud. Nous lui parlons de la Quebrada de Humahuaca, de la fameuse montagne aux 14 couleurs, qui est à quelques heures d’ici et qu’elle ne connaît pas. Encore une leçon de vie que nous recevons et qui nous fait relativiser sur nos conditions de vie ou de travail en France…on se gardera bien de faire des commentaires sur notre « difficile vie d’occidentaux qui travaillent trop »!!!

Nous finissons la descente vers Salta et passons la nuit au bord d’un petit lac non loin de la route 68 (celle de Cafayate) que nous serons obligés d’emprunter de nouveau pour filer vers le Sud.