Arrivée au Brésil
Arrivée au Brésil

Arrivée au Brésil

Nous passons une dernière nuit à une vingtaine de kilomètres de la frontière brésilienne pour finir les produits frais qu’il nous reste dans le frigo, la loi brésilienne interdisant toute entrée de produits périssables venant d’un autre pays.

Le matin du 31 août, nous nous dirigeons donc vers Chuy pour passer au Brésil. Les formalités ne prennent pas de temps. Il n’y a personne au poste frontière côté Uruguay. Nous devons d’abord faire valider notre sortie de territoire et faire tamponner le TIP d’Inkaiko pour justifier que le véhicule est bien sorti du pays. Cela prend un petit quart d’heure.

Nous prenons ensuite un peu de temps dans Chuy pour acheter des cartes prépayées brésiliennes pour nos téléphones dans une pharmacie (eh oui, au Brésil c’est le pharmacien qui vend les cartes de téléphone!). Ils se mettent à trois pour nous expliquer tant bien que mal qu’il nous faut un « CPF » pour valider notre numéro. Nous comprenons que c’est à la douane brésilienne que nous devons avoir ce CPF, pensant qu’il s’agit d’un numéro qu’on obtient systématiquement lors de la pose du tampon sur notre passeport. Nous prenons tout de même les cartes sim en nous disant que nous les activerons après le poste frontière. Nous nous arrêtons ensuite dans un supermarché pour faire quelques courses. Les prix n’ont rien à voir avec ceux de l’Uruguay, on est plutôt 20 à 30% moins chers qu’en France. De nombreux Uruguayens se rendent d’ailleurs régulièrement à la frontière pour faire le plein de vivres à des prix abordables.

Une fois le plein de courses effectué, nous nous arrêtons au poste frontière brésilien. Là encore, le passage est une formalité très rapide. Le camion n’a pas besoin de papier car le Brésil a une frontière commune avec la France (la Guyane). Finalement, personne ne nous demandera si nous transportons des vivres périssables. La grande fréquentation de cette frontière par les Uruguayens qui viennent remplir leurs frigos finit par rendre les douaniers plus laxistes…ce qui nous arrange bien! les douaniers très sympathiques nous souhaitent un bon voyage et continuent à visionner leur film en noir et blanc sur leur écran d’ordinateur…

Une fois la frontière passée, j’essaie d’activer ma carte SIM…quelle histoire! Je ne comprends absolument rien, on me demande mon DDD, mon CPF…tout cela en portugais brésilien! Nous comprenons mieux pourquoi le pharmacien insistait pour nous dire de demander ce numéro à la frontière! Je lis dans le guide du Routard que l’activation d’une carte SIM au Brésil relève du parcours du combattant et que le mieux est de demander à un ami brésilien de vous prêter son CPF (décidément, ce numéro a l’air d’être un véritable sésame ici!!!) sans quoi il faudra passer dans une poste locale pour effectuer diverses démarches administratives afin d’avoir notre propre numéro qui semble servir de numéro d’identification fiscale. Nous nous disons que nous ferons ces démarches demain (n’ayant pas d’ami brésilien sous le coude!).

Nous roulons jusqu’à Cassino, une petite ville balnéaire au Sud de Porto Alegre où nous souhaitons nous poser quelques jours. Nous nous installons dans un camping très bien équipé, tenu par un quarantenaire très sympathique. Je lui parle de mon problème de carte SIM et le pauvre homme, que la bonté perdra, me propose de m’aider. Il passera plus d’une heure à activer ma carte, scanner sa pièce d’identité contenant le fameux « CPF », trouver le bon indicatif (il y en a un pour le Brésil et un différent pour chaque état), et recommencera l’opération pour celle de Sylvain! Il me dit qu’au Brésil, ils ont l’art et la manière de compliquer les choses! En tout cas il est clair que sans son aide je n’y serai jamais arrivée! Je m’excuse mille fois pour avoir abusé de son temps…je ne croyais pas si bien dire, en un clin d’oeil la nuit est tombée! Je crois que lui non plus n’avais pas mesuré le temps qu’il y avait passé! Se rendant tout à coup compte de l’heure, il part précipitamment en me disant poliment qu’il habite la maison qui jouxte le terrain de camping et qu’on peut l’appeler en cas de besoin (mais je crois qu’il croisait fort les doigts pour que nous ne l’interpellions plus!).

Jusqu’ici nous avons beaucoup de chance, nous croisons les bonnes personnes au bon moment et ce qui pourrait se transformer en petit tracas reste finalement une formalité. Cela a été le cas pour le gaz avec Sylvia, pour notre enlisement avec Paolo et pour cette carte Sim avec ce propriétaire de camping! Le soir venu, je remercie en silence cette bonne étoile qui semble veiller sur nous depuis que nous sommes partis en espérant qu’elle continue à nous accompagner jusqu’à la fin de ce voyage et plus encore!!!