Catamarca: Puna Sud
Catamarca: Puna Sud

Catamarca: Puna Sud

Nous avons tellement aimé la Puna nord, cette partie de l’Altiplano andin, perchée à 3500m d’altitude (cf article sur Tolar Grande et la Puna Nord) que nous décidons d’y retourner, mais cette fois par le Sud. Nous prenons donc la route direction El Penon, dans la province de Catamarca.

Nous sommes frappés par la différence d’état des routes entre la province de Catamarca et celle de Salta. Il s’agit du même environnement, même relief, même conditions climatiques mais les routes sont toutes asphaltées et de très belle qualité. La route est goudronnée jusqu’à Antofagasta de la Sierra, notre point de chute. Sur la route, nous découvrons une immense dune de sable fin. Nous vérifions l’altitude…nous sommes bien à 3000 mètres et non à la plage! Ici le vent est quasiment permanent et transporte les grains de poussière qui s’amoncèlent devant un obstacle, formant tantôt de petites buttes, tantôt des dunes immenses! Nous nous amusons à la gravir et à la descendre à toute vitesse, cela nous dégourdit les jambes après une journée de route. Nous nous arrêtons à quelques kilomètres d’El Penon pour passer la nuit au bord de la Laguna Blanca. Le paysage est encore une fois saisissant, lagune bleue, bordée de blanc et de vert fluo, bordée par une grande prairie où broutent tranquillement un troupeau de vigogne et protégée par de grandes montagnes colorées. J’aperçois au loin sur la lagune de petites taches. Je saisis les jumelles pour mieux voir et oui, c’est bien ce que je croyais…ce sont bien des flamants roses!!! Je suis toute émue par cette vision et me précipite de hors pour essayer de les voir de plus près. Nous faisons une jolie balade autour de la lagune et observons tous ces animaux sauvages pendant un bon moment. Nous passerons une très belle nuit tout seuls au milieu de cette nature magnifique.

Le lendemain, nous prenons la direction d’El Penon. Le paysage qui défile devant nous est à la fois familier car ressemblant à celui de la Puna nord, et à la fois unique et merveilleux. Les dégradés de couleurs pastels, les vigognes, les roches, c’est un régal pour les yeux. Nous nous arrêtons à l’office de tourisme pour prendre quelques renseignements sur les zones à visiter et surtout sur la praticabilité des routes. La jeune femme nous explique que le volcan Galan et Piedra Pomez ne peuvent être réalisés sans 4×4 et qu’il n’y a pas de loueur à El Penon, ni à Antofagasta. La seule solution est de partir avec un guide. Elle nous propose de nous mettre en relation avec l’un d’entre eux. Nous continuons vers Antofagasta. La journée est très venteuse, difficile de sortir du camion sans avoir de la poussière dans chaque orifice du corps! Nous nous arrêtons pour déjeuner au pied du volcan Antofagasta et son impressionnante coulée de lave. Nous souhaitions réaliser la petite randonnée qui permet d’atteindre le sommet mais le vent nous dissuade de monter. Nous passerons l’après-midi à visiter les environs en camion.

Le soir, nous nous installons chez le guide qui nous a contacté pour réaliser le tour au Volcan Galan et à Piedra Pomez. Il nous propose de nous garer chez lui et de profiter du WiFi de sa maison. Le lendemain matin, nous partons très tôt (7h30) pour visiter le Volcan Galan. Il s’agit du plus grand cratère du monde (45 km de diamètre) qui a été identifié comme cratère il y a peu. Les anciens savaient qu’il y avait des volcans autour mais c’est quand les images satellites sont arrivées qu’on a pu identifier qu’il s’agissait d’un seul et même cratère. Le tour dure environ 6h. Il faut à peu près 2h pour atteindre le haut du cratère depuis El Penon. Nous passons par la Laguna Grande où nous pouvons observer les flamants roses tous réunis et serrés les uns contre les autres pour se protéger du froid matinal. Puis, nous traversons un dédale de colonnes rocheuses aux formes étranges qui semblent presque sculptées par le vent. Ce sont des cheminées de lave qui étaient autrefois entourées de montagnes que l’érosion a fait disparaître. Ne restent aujourd’hui que ces cheminées dont la roche est plus dure et moins sensible à l’érosion. Nous nous amusons à trouver des formes humaines et animales dans ces colonnes. Puis nous continuons vers l’entrée du cratère. Les lumières et les couleurs sont fantastiques et changent au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel. Nous arrivons à l’entrée du cratère qui culmine à 4790 mètres d’altitude! La vue sur la Laguna Diamante est splendide! Une lagune d’un bleu turquoise étincelant, entourée de blanc et de vert fluo, avec, par endroit, des auréoles rosées, dues aux différentes bactéries présentes dans l’eau. Le guide nous explique que la couleur des flamants roses peut être différente en fonction de la lagune dans laquelle ils se trouvent. Ce sont des bactéries qui donnent la couleur à la lagune où elles se trouvent et selon le type de bactéries qu’ils consomment, leur couleur est différente. Ces bactéries sont les mêmes que celles qui ont donné la vie sur terre il y a des millions d’années. Nous continuons à l’intérieur du cratère vers les geysers. Ici, l’eau sort de terre à 86 degrés. Nous sortons de la voiture et nous approchons de la vapeur qui s’échappe du sol. L’ambiance est étonnamment chaude et humide, cela contraste fortement avec cette journée froide, venteuse et sèche. Nous continuons un peu plus loin, là où l’eau refroidit peu à peu. Ici commencent à réapparaître des colorations dues à des bactéries qui supportent cette chaleur. A 86°C, aucune bactérie ne subsiste. A 70°C, l’eau commence à prendre une couleur orangée, à 55°C, une couleur verte. Nous ne résistons pas à toucher cette eau chaude, merveille de la nature en plein désert d’altitude! Nous amorçons ensuite le chemin du retour en observant avec émerveillement le paysage grandiose qui nous entoure et qui est déjà bien différent de celui que nous avons vu ce matin. A chaque heure du jour, la lumière différente donne à voir un nouveau spectacle. Depuis que nous voyageons c’est la lumière de fin d’après-midi que je préfère, elle sublime tout, comme un dernier coup de projecteur pour sublimer le final avant l’extinction des feux.

Une fois rentrés à El Penon, nous passons le reste de l’après-midi à nous balader dans le village et les alentours. Le vent est enfin tombé et nous en profitons pour sortir marcher un peu. Nous assistons à une attaque de Lama par un chien du village qui nous a suivi. Les pauvres lamas dans leur enclos sont effrayés, bien que quelques téméraires essaient de tenir tête au cabot surexcité. Le chien finit par se lasser et s’enfuir. Le paysan pénètre dans l’enclos des lamas et vient à notre encontre. Il parle avec un accent très prononcé et nous ne comprenons pas exactement tout ce qu’il nous dit. Il semble fâché, je ne sais pas vraiment s’il nous en veut d’avoir mené le chien jusqu’ici ou s’il cherche à qui il appartient. Discussion de sourds qui ne mène pas à grand chose. Nous préférons ne pas nous mêler des histoires du village et prenons gentiment congé en nous excusant de ne pas comprendre.

Nous passons la soirée bien au chaud dans le camion et nous couchons tôt car la journée a été longue.

Le lendemain, nous partons visiter en Campo de Piedra Pomez, la plus grande coulée de lave au monde (75 km²) qui a la particularité d’être blanche et rose. Ces pierres, formées il y a entre 73 000 et 100 000 ans, viennent d’une violente éruption volcanique du Cerro Blanco: des nuages de cendre chaude ont été projetés en l’air puis ont refroidi très rapidement en regagnant le sol, ce qui a créé des bulles d’air à l’intérieur de la roche. Cela la rend très légère et très poreuse. Nous avons fait l’expérience de frapper contre un bloc et d’en sortir des notes de musique. Cela fait caisse de résonnance à l’intérieur! Années après années, le vent a sculpté ces roches leur donnant des formes surréalistes et en créant une oeuvre d’art géante naturelle!

Nous avons passé une bonne heure à grimper sur ces meringues géantes et à faire des « cache-cache ». Un souvenir magnifique de cette merveille naturelle complètement inattendue, trésor encore bien caché de l’Argentine!

Nous terminons cette aventure dans la province de Catamarca par la ville de Fiambala où nous passerons le week-end: sandboard dans les dunes, restaurant, thermes naturels…une journée de break en famille très agréable!