Paraguay
Paraguay

Dernières nuits au Paraguay

Nous quittons Alain et Guylène et nous rendons directement à San Bernardino, petite station balnéaire au bord d’un lac, situé entre Tobati et Asuncion. Nous y passerons la soirée et une matinée, le temps de profiter de la rambla pour aller courir, Sylvain et moi, à tour de rôle, tandis que les enfants travaillent pour l’école. Ce jour-là, le soleil tape fort et il fait extrêmement chaud. En début d’après-midi, nous rejoignons Peter et Lina sur le site d’escalade de Tobati. Nous trouvons une voie complètement à l’ombre qui nous permet de profiter de la fraîcheur de la roche. Nous grimpons tous ensemble jusqu’à la tombée du jour et profitons de cette chaude soirée pour partager un barbecue jusque tard. La température ne baissera pas vraiment pendant la nuit, nous dormirons porte ouverte (moustiquaire fermée bien entendue) pour espérer laisser passer un peu d’air.

Le lendemain, nous quittons Peter et Lina et partons en direction d’Asuncion pour passer en Argentine. Nous nous arrêtons chez un laveur de véhicule. Ils se mettent à 4 à briquer Inkaiko pendant une heure! Celui-ci ressort comme neuf, brillant de mille feux…pour environ 8 euros!

Nous sommes fin prêts pour l’Argentine!

Ce que nous retiendrons du Paraguay:

  • Un pays où il fait bon vivre avec des locaux très accueillants, gentils et soucieux d’apporter leur aide
  • Un pays très bon marché avec des produits alimentaires de qualité
  • Une colonisation allemande importante et très présente notamment dans la région de Caacupé. Celle-ci nous interroge beaucoup car les communautés allemandes ne se mêlent pas à la population paraguayenne et en sont même très critiques. Les terrains sont très peu chers et l’état permet l’installation des étrangers très facilement. Pour autant, le pays ne profite pas ou peu de cette valeur ajoutée par l’installation des européens.
  • Les caractéristiques physiques de paraguayens, qui restent d’origine Guarani, avec un très faible métissage, contrairement au Brésil où le métissage est la règle.
  • Des paysages verdoyants et vallonnés dans certaines parties du pays avec une agriculture développée
  • Les grandes villes sont chaotiques et contrastent avec le calme et la propreté des campagnes, où les gens sont tranquilles et les jardins entretenus au carré.

Maintenant place à une nouvelle et grande aventure: l’Argentine!!!

Salto Cristal

Après ces 6 jours chez Chris et Astrid, nous nous rendons à Salto Cristal, une des plus belles cascades du Paraguay. Celle-ci se trouve à 2h30 de Caacupé. Au bout de 2h de route, nous nous engageons sur une piste de terre rouge de 14km que nous parcourrons en 1h! La piste est belle mais parfois accidentée. Par chance, il n’a pas plu depuis deux jours et la piste est sèche. Gaspard se régale une nouvelle fois au volant! Les contrastes sont forts entre les champs d’un vert franc et vif, la terre rouge et le ciel bleu. On sent qu’ici la terre est riche et fertile. La piste traverse des kilomètres de champs cultivés. Le paysage est vallonné et bocager : des prés avec des animaux, des cultures de canne à sucre, entourés de haies et de clôtures. Il n’y a plus guère de terres non exploitées ici. Même les petits bois sont des forêts de sapins artificielles destinées à la sylviculture. Au bout de cette piste, nous arrivons à Salto Cristal. Un petit camping est aménagé pour pouvoir garer les camping-cars ainsi que planter des tentes. Comme toujours, on trouve des petits barbecues en briques et des petites tables de pierre que les locaux investissent le week-end. Nous sommes lundi, il n’y a donc personne sur le site. Le gardien nous explique le cheminement pour nous rendre à la cascade à 10 minutes de marche en contrebas. Nous descendons y faire un tour. Le chemin s’enfonce dans un large abîme creusé dans la roche par une rivière. La lumière de fin de journée pénètre encore légèrement dans la gorge, créant une ambiance assez magique. Au fur et à mesure que l’on s’enfonce, l’eau est plus présente, plus bruyante aussi. Une première cascade s’étire vers le ciel et semble descendre délicatement un escalier de pierre qui dirige l’eau de droite à gauche de manière très gracieuse. Puis, plus loin dans le canyon, nous découvrons la seconde chute, plus grande que la première qui s’écoule majestueusement au fond d’une cavité circulaire entourée de végétation et termine sa chute dans un bassin d’environ 25 mètre de diamètre qui vous invite à la baignade. Nous ne nous baignerons pas ce soir mais essaierons le lendemain. Après avoir contemplé un bon moment ce spectacle, nous remontons le chemin et croisons Guylène et Alain qui viennent aux aussi visiter ces chutes sur le chemin qui les mène à l’Argentine. Nous passerons quelques derniers moments avec eux avant de nous quitter pour un bon moment cette fois, eux partant vers l’Est et nous vers l’Ouest.

Le lendemain matin, nous descendons tous ensemble à la cascade, en tenue de bain cette fois! L’eau est très fraîche mais l’envie de me baigner dans cet endroit paradisiaque et préservé est plus forte. Sans trop réfléchir, je me jette à l’eau, suivie par Sylvain qui osera, lui, nager jusqu’à la chute. Nous restons ensuite à bavarde en observant le majestueux voile blanc tout en séchant dans le halo de soleil qui parvient à pénétrer dans la gorge en cette fin de matinée.

Nous quittons Alain et Guylène cette fois pour plusieurs mois car nos itinéraires divergent légèrement. Nous devrions nous croiser de nouveau autour du nouvel an en Patagonie, si le destin le permet!

Caacupé : une étape européenne

Aujourd’hui, 7 octobre, nous fêtons nos 2 mois de voyage! Nous nous rendons à Caacupé, non loin de Tobati, chez Chris et Astrid, un couple d’Allemands installé ici depuis 7 ans qui accueille des voyageurs dans leur terrain. Un couple de voyageurs rencontré à Ciudad del Este deux semaines auparavant y sont installés pour quelques jours, nous décidons des les y retrouver. Les rencontres avec les autres voyageurs se font de plus en plus nombreuses depuis les chutes d’Iguazu. Les itinéraires convergent presque tous vers Ushuaïa pour la fin d’année (l’été austral) et le Paraguay est l’un des point de passage, notamment pour tous ceux qui ont besoin d’effectuer des réparations sur les véhicules ou de faire un petit break dans un pays calme et bon marché. Même si ce n’est pas ce que nous sommes venus chercher en priorité, ces moments de rencontre avec d’autres voyageurs européens sont des moments très enrichissants et agréable. Ils nous permettent d’échanger des connaissances sur nos véhicules, sur les itinéraires, l’état de certaines routes, et de nous donner certaines combines pour nous faciliter la vie dans certains pays (argent, change, assurance, bonnes adresses, etc). C’est aussi plus facile de communiquer et de nous comprendre culturellement. Nos voisins européens, ici, sont un peu comme des cousins. Les français, quand on en rencontre, sont les amis proches!

Nous passerons six jours dans ce petit camping pour voyageurs en compagnie de 3 autres couples: Alain et Ghylène, le couple franco-québecquois rencontré sur un parking à Ciudad Del Este; Lina et Peter, un couple allemand qu’on avait déjà croisé à Iguazu ; et Patrick et son amie, un couple Suisse Bloqué ici en attente d’une pièce mécanique pour réparer leur camion.

Ces moments de pause de temps en temps font du bien. Ils nous permettent de nous reposer, de nous occuper de l’intendance (linge, nettoyage du camion, cuisine, etc) et de vérifier que tout va bien sur le camion.

Pendant ces quelques jours, nous avons tout de même visité les environs. Nous avons randonné jusqu’au mirador tout proche, nous sommes montés à cheval dans une estancia voisine chez une autre allemande, nous avons grimpé à Tobati sur l’unique site d’escalade du pays. Sylvain a couru régulièrement avec Alain et nous avons profité de la piscine et de la belle cuisine extérieure commune pour confectionner des gâteaux. Toute la famille a bien apprécié ce petit séjour pendant lequel les enfants ont également pu se poser pour travailler et jouer, tout simplement. Ils ont aussi beaucoup joué avec Looky, un petit singe adopté par Astrid il y a quelques mois. C’est un petit d’un an qui a été séparé de sa maman et qui manque cruellement d’éducation. Il chaparde les bières, les aliments, les épingles à linge, et ne manque pas une occasion de venir perturber nos occupations! Il nous fait beaucoup rire…au début! Il peut tout de même se montrer agressif s’il est frustré ou qu’on lui dit non, au point de mordre. Cela donne à réfléchir sur le bien fondé de la domestication de certains animaux et notamment des animaux sauvages…

Le dernier soir, Chris a allumé un grand feu de camp autour duquel nous nous sommes retrouvés pour partager un moment. Alain a sorti son harmonica, moi ma guitare, Lina son Ukulélé et nous avons joué un peu ensemble. C’était un moment très convivial.

Paraguay…un pays très patriote

Nous entrons au Paraguay par la frontière Nord de Ponta-Pora. Le plan de départ était de rouler 3h et de nous arrêter à mi-chemin entre la frontière et Tobati, notre point de chute. A peine 30 min après la frontière, nous traversons un paysage vallonné et verdoyant, parsemé de « cerros » (petites montagnes) aux formes toutes différentes semblant surgir de la jungle tels des géants de pierres au milieu d’un océan de verdure. L’endroit nous plaît et donne envie de s’attarder un peu alors nous décidons alors de nous arrêter là pour passer la nuit dans le parc national de Cerro Cora (mon homonyme, c’est un signe!).

Ce lieu est un mémorial, nous en profitons pour en apprendre un peu plus sur l’histoire du Paraguay et la guerre de la Triple-Alliance qui a opposé une coalition entre le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay au Paraguay entre 1865 et 1870. Ici on peut lire et mesurer l’importance du patriotisme des paraguayens. Les hommes mais aussi les femmes et les enfants se sont battus jusqu’au bout pour sauver leur nation. Malgré l’engagement de son peuple et de ses dirigeants, le Paraguay a perdu plus de la moitié de sa population. Le Président, le Vice Président et le fils du Président, refusant de rendre les armes, seront tous abattus sur le site de Cerro Cora en 1865.

Nous explorons un peu les lieux en cette fin d’après-midi et observons plusieurs animaux (iguane, varan, petits rongeurs…). Les sons de la forêt à la tombée du jour sont incroyables. Le bois scintille de mille feux grâce aux centaines de « magic fly » qui clignotent dans la nuit. Nous passons la nuit ici, seuls au milieu de la nature. Etonnamment, la nuit, la forêt est totalement silencieuse. Les insectes et les animaux semblent tous en sommeil. Nous décidons de nous lever aux aurores pour effectuer la randonnée de 12 km qui mène au sommet du Cerro en espérant voir des animaux tôt le matin. Nous réveillons les enfants et partons à jeun sur le chemin, le petit déjeuner dans le sac à dos (la carotte pour les faire marcher si tôt!). Ils sont de bonne composition et acceptent plutôt bien nos délires! Malgré nos efforts pour maintenir Gaspard silencieux, aucun animal ne daigne montrer le bout de son nez! Décidément, à chaque fois que nous avons mis le réveil pour les observer, nous avons fait choux blanc! La balade est malgré tout agréable, le petit déjeuner avec vue sur les environs depuis le mirador amuse beaucoup les enfants. Nous redescendons tranquillement jusqu’au camion et quittons les lieux pour rejoindre notre destination: la région de Tobati.