Gamboa et Ilha Santa Catarina…plage, farniente et paysages
Gamboa et Ilha Santa Catarina…plage, farniente et paysages

Gamboa et Ilha Santa Catarina…plage, farniente et paysages

Nous ne parcourons que quelques kilomètres après Garopaba car la nuit tombe déjà. Nous nous arrêtons à Gamboa, petit village balnéaire, et nous stationnons juste en face de la plage, au fond d’une ruelle en terre. Ce qui ne devait être qu’une étape d’une nuit s’est finalement transformée en un de nos endroits préférés. Nous y passerons deux nuits et deux jours entiers à contempler et écouter l’océan et ses puissants rouleaux, à observer les mamans et bébés baleines sauter en continu du matin au soir tout près de la plage et à profiter en famille de l’ambiance très cool du front de mer (et du restaurant excellent!!!). Peu de choses à dire, ce furent deux jours pendant lesquels le temps a filé, discrètement, sans se faire remarquer. Nous étions juste là, à vivre ces moments de plénitude comme si plus rien n’avait d’importance sauf ce que la nature offrait à nos sens. Comment nommer cet espace-temps dans lequel nous pourrions rester pour l’éternité si ce n’est « paradis »?

Nous quittons Gamboa, même si nous aurions aimé rester un peu plus. Mon téléphone ne fonctionne plus depuis notre aventure en canoë et je dois trouver une réparateur à Florianopolis en espérant pouvoir le remettre en état, sinon en changer. Après un bout d’après-midi dans un mall de Florianopolis, nous avons hâte de quitter la ville et de retrouver un endroit paisible pour profiter des derniers jours sur la côte. En effet, Florianopolis, capitale de l’état de Santa Catarina, est une grande ville moderne à la circulation importante, et où la consommation semble être le credo à en juger par le nombre important de centres commerciaux clinquants neufs accueillant toutes les plus grandes enseignes internationales… C’est comme si, d’un seul coup, on nous sortait d’un très beau rêve pour nous ramener à tout ce que l’on déteste. Malgré tout, c’est un passage obligé à la fois géographiquement pour atteindre le sud de l’Île de Santa Catarina et également pour trouver un téléphone. Nous nous rendons donc dans un de ces centres commerciaux au sol brillant, achetons rapidement un téléphone, faisons quelques courses et mangeons un burger au hardrock café (bah oui…quitte à y être autant y aller à fond!!!) puis repartons fissa loin de ce tumulte. Nous choisissons la plage la plus éloignée de toute forme d’urbanisation et nous installons au bout de la plage de Pantana do Sul où nous resterons 3 jours.

Là encore, les paysages sont magnifiques. De petites montagnes coniques couvertes de végétation se jettent dans un océan bleu, vert et turquoise. L’Île est le paradis des surfeurs qui ont l’embarras du choix pour trouver le spot idéal en fonction du vent et des courants. Le lendemain, nous parcourons 16 km pour explorer l’extrême sud de l’île. La randonnée est technique et difficile : 900m de dénivelés sur 16km avec des passages rocheux, des sentiers escarpés. Le chemin débouche une la Praia dos Naufragados, une magnifique anse accessible uniquement à pieds qui a vu s’échouer de nombreux bateaux en raison des courants forts et parfois contraires qui fracassent à coup sûr contre les rochers quiconque n’est pas d’ici. Les enfants ont encore une fois été de super marcheurs et ont beaucoup apprécié la journée. Seule embûche sur le chemin, un taureau pas très amical, qui, sous prétexte de vouloir protéger sa dulcinée, m’a bien malmenée… Même si j’utilise le ton de la rigolade aujourd’hui, je peux vous assurer que je ne crânais pas, j’ai vraiment cru qu’il allait m’encorner! On a une nouvelle fois eu de la chance sur ce coup (merci à notre bonne étoile ou à vos bonnes ondes!). Au retour, nous avons dégusté un smoothie acaï-banane dans le petit bar de plage à côté du camion, sur fond de reggae et, profitant de la douceur de la soirée, nous avons installé un apéro-dinatoire sur la plage et sorti la guitare pour chanter ensemble. Le lendemain, nous avons rencontré Fabio, un surfeur natif de l’île qui vit dans son van aménagé la plupart du temps. Nous avons commencé à discuter (un peu difficilement au début) puis, de fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés tous les trois installés dans nos fauteuils à boire une bière en discutant de tout et de rien dans une langue hybride de portugnol-ingles!!! La journée a filé ainsi, les enfants lisant dans les hamacs ou jouant dans le sable et nous, parlant politique et société avec Fabio. Il faut dire que la langue hybride est très belle mais elle demande trois fois plus de temps pour exprimer quelque chose parce qu’il faut souvent répéter deux fois, mimer, détourner…on se croirait dans « Times’up »! Je propose à Fabio de partager le repas avec nous. Nous partageons une cachaça que je prépare avec celle que nous avons achetée à Garopaba et il sort une bouteille de vin rouge (qu’il avait mise au frigo)!Ma cachaça française et son vin à la brésilienne ne sont pas très conventionnels mais sont à l’image de ce moment d’échange et de connexion. Nous terminons la soirée dans le camion car la pluie a fait son retour.

Le lendemain matin, nous décollons en même tems que Fabio pour aller dans sa cabane de pêche proche de Florianopolis. L’objectif est d’aller chercher une lyre et un adaptateur pour remplir notre bouteille de gaz argentine avec sa bouteille brésilienne. Nous pensions pouvoir tenir largement jusqu’en Argentine avec notre bouteille mais nous avons constamment cuisiné dans le camion et épuisé notre réserve. Malheureusement, Fabio n’a pas le bon adaptateur. Il nous fait tout de même cadeau de la lyre et nous conseille d’aller dans un magasin qui pourra nous dépanner. En attendant, il nous fait visiter la petite bicoque familiale qui appartient à son grand-père, où est abrité un bâteau de pêche. Il y a une petite cuisine, une salle des sanitaires…de quoi faire de belles fêtes de famille au bord de l’eau. Il aurait aimé nous emmener en bateau et passer une soirée ici avec nous mais nous devons quitter la côte aujourd’hui. Nous nous promettons de revenir plus longtemps la prochaine fois et de profiter davantage ensemble. Fabio fut une des plus belles rencontres depuis le début du voyage…

Preuve encore que la connexion entre les âmes destinées à se rencontrer passe bien au-delà des mots, elle est non verbale, sensible et inéluctable.