Amateurs d’escalade, nous souhaitions profiter de ce voyage pour explorer pas mal de sites en Amérique du Sud. Ce sport est peu développé encore ici, notamment au Brésil où nous n’avons trouvé aucun spot de grimpe. Le Paraguay en possède un seul, Tobati, où nous avons grimpé deux fois. L’Argentine, quant à elle, regorge de sites, plus ou moins récents, notamment dans la région de Cordoba où se trouvent les deux plus gros sites du pays: la Ola avec plus de 160 voies et Los Gigantes avec plus de 200 voies.
Nous commençons par nous rendre sur le site de la Ola, qui se trouve sur la route entre San Juan et Cordoba, dans la Parque Nacional El Condorito. La route pour venir jusqu’ici est magnifique. Ce sont des paysages de moyenne montagne, avec beaucoup de verdure, des rivières qui s’écoulent dans les vallées et de jolis villages qui se succèdent. Nous avons l’impression de traverser les pré-Alpes en France. Un air d’Europe semble flotter dans l’air: les habitations, les magasins, les vttistes, les coureurs…nous avons bien quitté les Andes pour un monde qui ressemble étrangement au nôtre! Nous parcourons la vallée de Mina Clavero puis montons dans la Quebrada par une route spectaculaire qui sillonne entre des monticules rocheux donnant une vue plongeante sur la vallée. Nous décidons de nous arrêter en bord de route pour dormir, sur un espace plat, à côté du départ des voies. Difficile de trouver meilleur endroit pour se garer à cet endroit, à moins de redescendre dans la vallée mais nous préférons être proche des voies d’escalade pour en profiter dès le lendemain matin. Finalement la nuit fut assez calme, la route étant surtout empruntée en journée.
Jour de grimpe 1: Secteur Torres Jemeles
Nous passons la journée sur ce beau secteur qui offre une bonne dizaine de voies essentiellement dans le 6. Dévers avec gros bacs, vertical, dalle avec petites prises…ce secteur est vraiment varié et possède de belles longueurs de 30 mètres. Nous nous régalons, ainsi que les enfants qui réussiront respectivement une 5+ pour Gaspard et une 6b pour Agathe! Excellente journée pour toute la famille!
Jour de grimpe 2: Secteur Escuela
Nous choisissons un secteur facile avec de la grimpe dans le 5 essentiellement pour permettre à Agathe de passer des voies en tête et travailler nos manipulations. L’occasion pour moi aussi de me réconcilier avec la grimpe en tête, chose que je n’avais plus fait depuis longtemps, trop envahie par la peur. Les deux jours de grimpe à San Augustin plus la veille sur ce site m’ont redonné confiance. Je prends beaucoup de plaisir à grimper en tête sur toutes les voies dans le 5! Je suis très contente d’avoir réussi…même si j’ai conscience que le niveau était très simple et que je suis loin d’y parvenir sur une 6a! Nous enchaînons quelques rappels également, pour le plus grand plaisir d’Agathe qui n’en avait jamais fait. Journée plus mitigée pour Gaspard qui ne se sent pas à l’aise. Il essaie de grimper deux fois mais prend peur et peine à descendre…ce n’est décidément pas le plus téméraire de la famille!








Jour de grimpe 3: Los Gigantes
Nous décidons de nous rendre sur le site de Los Gigantes, à 2h d’ici, pour deux jours de grimpe également. Nous quittons la Ola le matin, faisons le plein de courses à Villa Carlos Paz et nous rendons à Los Gigantes. Une idée un peu folle nous prend: et si nous partions en bivouac avec la tente jusqu’au pied des voies??? Ni une, ni deux, à peine arrivés sur le parking, nous commençons à préparer les sacs! Tente, matelas, duvets, nourriture et eau pour 4 personnes, matériel d’escalade, réchaud, un jeu de yam…1h30 plus tard, nous voilà partis, sacs sur le dos, pour une ascension de 2h jusqu’au fameux Cerro de la Cruz, majestueuse paroi de 120m qui surplombe tout le massif. La rando est exigeante, beaucoup de rochers à escalader, un sentier sinueux et parfois mal balisé, et surtout un paquetage lourd sur le dos, mais nous parvenons tous les 4 au pied du Cerro juste à temps pour monter le campement avant la nuit.
Cette nouvelle expérience est galvanisante, les enfants sont vraiment heureux, s’amusent dans la tente avec leurs duvets en attendant que nous préparions le repas….si nous pouvons appeler cela un repas. Nous n’avons pas vraiment eu le temps de préparer quelque chose d’élaboré alors nous nous contenterons de sandwichs jambon-fromage et d’un fruit. Nous passons la soirée au chaud dans nos duvets à jouer au Yam, puis nous nous endormons les uns blottis contre les autres. Le sommeil sera de courte durée. Je me réveille la première, effrayée par des bruits de pas d’animaux autour de la tente. Je réveille Sylvain qui ne semble pas du tout inquiet. Je pense au jambon, au fromage que nous avons, cela attire peut-être les animaux, ils vont peut-être vouloir entrer, déchirer la tente pour nous prendre notre nourriture…Je me sens tellement vulnérable au milieu de cette nature qui, de jour, me semble si douce et si belle! La nuit, nous sommes les intrus, les hôtes de cet environnement si peu familier et nous n’avons plus qu’à prier pour que ses habitants acceptent notre présence.
Au milieu de la nuit, le vent se met à souffler en rafales, secouant de manière discontinue la tente dans tous les sens! Me voilà réveillée à chaque bourrasque, si tant est que je m’étais endormie… Agathe a elle aussi peur, elle se réveille régulièrement pou se blottir contre son père. Le seul qui passe une bonne nuit, c’est Gaspard, qui pense que son lit est la tente entière et grimpe sur tous ses voisins, les confondant avec son oreillers ou son matelas! Bon clairement, cette première fois ne sera pas la nuit la plus reposante de notre vie mais en revanche, comme toutes les premières fois, elle restera gravée dans nos mémoires!
Nous prenons le petit déjeuner sous notre auvent en débriefant. La nuit a été courte et longue à la fois mais tout le monde est super content! Il est clair que dormir en tente en pleine nature est une expérience nouvelle qui devra être renouvelée souvent avant que je puisse vraiment dormir, mais j’ai vraiment envie de recommencer malgré tout et les enfants aussi. Sylvain, lui, a surtout subi notre insomnie, ni le vent, ni les bruits d’animaux n’ont perturbé son sommeil…injustice tout de même!!!
Jour de grimpe 4: Cerro de la Cruz
Après avoir démonté le camp, nous nous attaquons au Cerro de la Cruz. Nous aurions bien aimé enchaîner plusieurs longueurs pour gravir les 120m mais nous n’osons pas laisser les enfants seuls en bas. En cas de problème, impossible de redescendre rapidement pour les aider. Nous enchaînons donc des voies en couenne de 30 à 35 mètres, toutes dans le 6. C’est une grimpe principalement en dalle avec de petites prises de pieds et de main, encore différente de ce que l’on a connu sur le site de la Ola. En milieu d’après-midi, nous redescendons vers le parking avec pour objectif de grimper un peu sur un autre secteur qui se trouve sur le chemin. Nous cherchons ce fameux secteur un moment, trouvons quelques voies équipées mais ne ressemblant pas tout à fait à la photo du topo. Nous doutons d’être au bon endroit. Il se fait déjà tard, nous décidons finalement de redescendre au parking. Nous rejoignons le camion vers 17h30. Le temps de ranger tout notre matériel, nous quittons Los Gigantes une heure plus tard, juste à temps pour rejoindre Villa Carlos Paz avant la nuit que nous passerons au bord du lac.











Cette nuit fut extrêmement reposante. Après cette escapade au coeur de la nature, la ville avait quelque chose de rassurant pour ma part. Nous étions au fond d’une impasse au bord d’un lac, avec vue sur les montagnes verdoyantes et sur les lumières de la petite ville touristique et balnéaire qui accueille la bourgeoisie de Cordoba le week-end. Nous y resterons jusqu’au lendemain midi, profitant de la vue pour faire une jolie salle de classe aux enfants.

