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Gamboa et Ilha Santa Catarina…plage, farniente et paysages

Nous ne parcourons que quelques kilomètres après Garopaba car la nuit tombe déjà. Nous nous arrêtons à Gamboa, petit village balnéaire, et nous stationnons juste en face de la plage, au fond d’une ruelle en terre. Ce qui ne devait être qu’une étape d’une nuit s’est finalement transformée en un de nos endroits préférés. Nous y passerons deux nuits et deux jours entiers à contempler et écouter l’océan et ses puissants rouleaux, à observer les mamans et bébés baleines sauter en continu du matin au soir tout près de la plage et à profiter en famille de l’ambiance très cool du front de mer (et du restaurant excellent!!!). Peu de choses à dire, ce furent deux jours pendant lesquels le temps a filé, discrètement, sans se faire remarquer. Nous étions juste là, à vivre ces moments de plénitude comme si plus rien n’avait d’importance sauf ce que la nature offrait à nos sens. Comment nommer cet espace-temps dans lequel nous pourrions rester pour l’éternité si ce n’est « paradis »?

Nous quittons Gamboa, même si nous aurions aimé rester un peu plus. Mon téléphone ne fonctionne plus depuis notre aventure en canoë et je dois trouver une réparateur à Florianopolis en espérant pouvoir le remettre en état, sinon en changer. Après un bout d’après-midi dans un mall de Florianopolis, nous avons hâte de quitter la ville et de retrouver un endroit paisible pour profiter des derniers jours sur la côte. En effet, Florianopolis, capitale de l’état de Santa Catarina, est une grande ville moderne à la circulation importante, et où la consommation semble être le credo à en juger par le nombre important de centres commerciaux clinquants neufs accueillant toutes les plus grandes enseignes internationales… C’est comme si, d’un seul coup, on nous sortait d’un très beau rêve pour nous ramener à tout ce que l’on déteste. Malgré tout, c’est un passage obligé à la fois géographiquement pour atteindre le sud de l’Île de Santa Catarina et également pour trouver un téléphone. Nous nous rendons donc dans un de ces centres commerciaux au sol brillant, achetons rapidement un téléphone, faisons quelques courses et mangeons un burger au hardrock café (bah oui…quitte à y être autant y aller à fond!!!) puis repartons fissa loin de ce tumulte. Nous choisissons la plage la plus éloignée de toute forme d’urbanisation et nous installons au bout de la plage de Pantana do Sul où nous resterons 3 jours.

Là encore, les paysages sont magnifiques. De petites montagnes coniques couvertes de végétation se jettent dans un océan bleu, vert et turquoise. L’Île est le paradis des surfeurs qui ont l’embarras du choix pour trouver le spot idéal en fonction du vent et des courants. Le lendemain, nous parcourons 16 km pour explorer l’extrême sud de l’île. La randonnée est technique et difficile : 900m de dénivelés sur 16km avec des passages rocheux, des sentiers escarpés. Le chemin débouche une la Praia dos Naufragados, une magnifique anse accessible uniquement à pieds qui a vu s’échouer de nombreux bateaux en raison des courants forts et parfois contraires qui fracassent à coup sûr contre les rochers quiconque n’est pas d’ici. Les enfants ont encore une fois été de super marcheurs et ont beaucoup apprécié la journée. Seule embûche sur le chemin, un taureau pas très amical, qui, sous prétexte de vouloir protéger sa dulcinée, m’a bien malmenée… Même si j’utilise le ton de la rigolade aujourd’hui, je peux vous assurer que je ne crânais pas, j’ai vraiment cru qu’il allait m’encorner! On a une nouvelle fois eu de la chance sur ce coup (merci à notre bonne étoile ou à vos bonnes ondes!). Au retour, nous avons dégusté un smoothie acaï-banane dans le petit bar de plage à côté du camion, sur fond de reggae et, profitant de la douceur de la soirée, nous avons installé un apéro-dinatoire sur la plage et sorti la guitare pour chanter ensemble. Le lendemain, nous avons rencontré Fabio, un surfeur natif de l’île qui vit dans son van aménagé la plupart du temps. Nous avons commencé à discuter (un peu difficilement au début) puis, de fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés tous les trois installés dans nos fauteuils à boire une bière en discutant de tout et de rien dans une langue hybride de portugnol-ingles!!! La journée a filé ainsi, les enfants lisant dans les hamacs ou jouant dans le sable et nous, parlant politique et société avec Fabio. Il faut dire que la langue hybride est très belle mais elle demande trois fois plus de temps pour exprimer quelque chose parce qu’il faut souvent répéter deux fois, mimer, détourner…on se croirait dans « Times’up »! Je propose à Fabio de partager le repas avec nous. Nous partageons une cachaça que je prépare avec celle que nous avons achetée à Garopaba et il sort une bouteille de vin rouge (qu’il avait mise au frigo)!Ma cachaça française et son vin à la brésilienne ne sont pas très conventionnels mais sont à l’image de ce moment d’échange et de connexion. Nous terminons la soirée dans le camion car la pluie a fait son retour.

Le lendemain matin, nous décollons en même tems que Fabio pour aller dans sa cabane de pêche proche de Florianopolis. L’objectif est d’aller chercher une lyre et un adaptateur pour remplir notre bouteille de gaz argentine avec sa bouteille brésilienne. Nous pensions pouvoir tenir largement jusqu’en Argentine avec notre bouteille mais nous avons constamment cuisiné dans le camion et épuisé notre réserve. Malheureusement, Fabio n’a pas le bon adaptateur. Il nous fait tout de même cadeau de la lyre et nous conseille d’aller dans un magasin qui pourra nous dépanner. En attendant, il nous fait visiter la petite bicoque familiale qui appartient à son grand-père, où est abrité un bâteau de pêche. Il y a une petite cuisine, une salle des sanitaires…de quoi faire de belles fêtes de famille au bord de l’eau. Il aurait aimé nous emmener en bateau et passer une soirée ici avec nous mais nous devons quitter la côte aujourd’hui. Nous nous promettons de revenir plus longtemps la prochaine fois et de profiter davantage ensemble. Fabio fut une des plus belles rencontres depuis le début du voyage…

Preuve encore que la connexion entre les âmes destinées à se rencontrer passe bien au-delà des mots, elle est non verbale, sensible et inéluctable.

Garopaba…entre rêve et réalité

Nous arrivons à Garopaba en fin de journée. Nous faisons un petit tour à pied dans ce village de pêcheurs qui s’est peu à peu transformé en station balnéaire très européanisée, où le surf règne en maître: magasins de vêtements de marques, boutiques de surfs, bars et restaurants… On imagine bien, en plein été, les trottoirs grouillant de touristes et les terrasses animées, où s’installent familles et surfeurs pour siroter un cocktail ou se rafraîchir avec un sorbet à l’Acaï. Nous aimons tout de suite le centre historique. Il est composé d’une rue pavée parallèle à la plage, bordée de maisons colorées et de boutiques d’art, au bout de laquelle se trouve une jolie place pavée également. Ici, les pêcheurs débarquent leur prise du jour et découpe des filets de poisson qu’ils vendent directement sur place. Lorsque nous arrivons, un pêcheur est justement en train de mettre des filets en sachets. Je lui en achète 1kg pour quelques reals seulement.

Juste à côté se trouve la plus ancienne maison de Garopaba, une bâtisse coloniale recouverte d’un enduit bleu ciel réalisé avec de la graisse de baleine. En effet, jusque dans les années 90 (moratoire international en 1986), la chasse à la baleine était non seulement autorisée, mais représentait l’activité principale du secteur. Elles étaient chassées pour leur graisse qu’on transformait en huile de grande valeur et qu’on utilisait, entre autre, comme lubrifiant pour les machines et le cuir, comme combustible pour l’éclairage et la cuisine, comme savon et cosmétique ainsi que dans la construction pour les peintures et vernis. Garopaba a su transformer son activité économique et utilise aujourd’hui les baleines comme un attrait touristique pendant la saison creuse. Elles sont aujourd’hui très protégées par les locaux qui n’hésitent pas à appeler la police militaire s’ils aperçoivent un engin à moteur s’en approcher.

La pluie commence à tomber de nouveau, nous nous installons le long de la page pour la nuit et dégustons le poisson frais enrobé de panure…un régal!!!

Le lendemain matin, la pluie est de nouveau intense. Impossible de sortir sans être détrempés en cinq minutes! Les enfants travaillent dans le camion toute la matinée puis nous allons manger dans une petite cantine qui propose un plat unique (du poisson fraîchement pêché) avec accompagnement à volonté pour seulement 25 reals par personne. L’après-midi, nous nous rendons dans une petite distillerie artisanale de cachaça. Le propriétaire nous fait visiter sa fabrique familiale et nous explique qu’il produit de la farine de manioc l’hiver et de la cachaça le reste de l’année. La méthode est traditionnelle, transmise de père en fils depuis plusieurs générations. Nous restons un bon moment à discuter avec lui et à déguster ses recettes spéciales : cachaça à l’acaï, au maracuja, au café, etc. Sur le chemin, nous découvrons une immense dune de sable fin qu’il faut escalader par un grand escalier, ou, pour les plus courageux, directement dans la pente. Une fois en haut, une vue magnifique sur la baie de Siriu nous est offerte. Le sable fin de la dune se décline en un superbe camaïeu de blond qui contraste avec le bleu-gris de l’océan et du ciel très chargé de nuages. Les enfants ont l’impression d’être en plein désert du Sahara. Profitant d’une éclaircie, nous jouons à faire la course dans les pentes raides de la dune pendant un moment avant de nous installer sur le parking au pied de celle-ci pour la nuit.

Le lendemain, un soleil radieux réchauffe le camion. Les enfants travaillent toute la matinée et profitent de l’immense balançoire en guise de récréation. Ils commencent à vraiment apprécier cette école nomade qui offre chaque jour une nouvelle cour de récré! L’après-midi, nous partons explorer les alentours. Au détour d’une balade, nous découvrons un sentier qui nous mène vers une pointe surélevée entre la dune de Siriu et la plage de Garopaba qui sert de Mirador pour observer les baleines franches australes qui viennent chaque année entre juin et octobre dans cette baie aux eaux chaudes et peu profondes pour donner naissance à leurs petits et les éduquer avant de se lancer dans l’océan. Voilà près d’une semaine que nous essayons d’en apercevoir sans succès et là, sans l’avoir cherché, nous observons plusieurs baleines. Nous sommes comme des enfants, émerveillés devant ce spectacle hypnotisant. Nous restons assis à les observer pendant un bon moment, le temps passe sans que l’on s’en rende compte. L’après-midi est déjà bien avancé, nous partons faire quelques courses en passant par la plage pour le plus grand bonheur des enfants qui jouent (d’un peu trop près) avec les vagues. Une journée de farniente, de plage et de soleil…cela faisait longtemps qu’on en rêvait!!!

Ce matin du troisième jour à Garopaba, nous partons en randonnée en longeant la côte. Le soleil est radieux, le paysage est magnifique, et varié. Nous passons tantôt à travers la forêt, tantôt sur les rochers au bord de l’eau ou même encore en haut de falaises qui surplombent l’océan. Nous avalons ces 13 km en quelques heures, profitant des piscines naturelles, des blocs d’escalades frappées par la houle et des plages rencontrées sur notre passage. Les enfants marchent très bien, ils ne se plaignent même pas (sauf quand la côte est trop raide!). Faire marcher des enfants dans la nature est assez facile, il y a des distractions partout, des trésors à ramasser et une liberté de mouvement qui leur convient bien.

En fin de journée, nous partons en balade en canoë avec Ninon, une jeune française qui s’est installée ici il y a un an et demi avec Luiz, un surfeur natif de Garopaba. Ensemble ils ont créé cette petite affaire de balade en canoë qui nous a été conseillée par les Globelulus lors de notre rencontre à Punta Ballena. Luiz est le seul à pouvoir s’approcher des baleines avec son canoë havaiana car il n’a pas de moteur. Ninon nous promet une sortie incroyable ce soir, au coucher du soleil, car on recensé aujourd’hui 21 baleines et leurs petits soit 42! Incroyable et inoubliable…elle ne croyait pas si bien dire!!!

Nous ramons en direction de la plage de Siriu et apercevons très vite des baleineaux en train de s’exercer à sauter. Il y en a plusieurs, de tous les côtés, c’est magnifique! Luiz frappe de temps à autre sur son canoë pour signaler notre présence aux baleines. Elles nagent paisiblement, leur dos scintillant au dessus de l’eau, et se retournent de temps à autre en nous saluant de leurs fines nageoires. Parfois, elles se déplacent en ondulant, nous permettant d’apercevoir leur immense queue. Elles évoluent gracieusement dans l’océan comme si elles dansaient, sans ce préoccuper de nous. Elles nous font même le cadeau de nous laisser entendre leur chant à plusieurs reprises. Nous observons ce ballet fantastique pendant plus d’une heure, mesurant la chance que l’on a de pouvoir profiter d’un tel spectacle. Même Ninon et Luiz, qui pourtant sont habitués, sont subjugués. Nous revenons petit à petit vers la plage de Garopaba. Les baleines sont très nombreuses et proches de la plage. Luiz dirige l’embarcation de sorte à ne pas nous approcher trop près d’elles. Le rivage n’étant plus très loin, nous commençons à ressentir quelques vagues se former juste devant le canoë pour se casser quelques mètres plus loin en de gros rouleaux appréciés par les surfeurs. Ceux-ci se régalent, ils domptent les vagues au coucher du soleil en observant les baleines de près…quel spot magnifique!

Tout à coup, une vague sortie de nulle part nous sort de notre rêverie. Elle est trop haute, elle va se casser trop tôt et malgré les efforts de Luiz pour placer le canoë de face, celui-ci reste trop de côté. Luiz a à peine le temps de crier « Seguro! » que la vague se casse sur nous. Notre embarcation chavire et nous nous faisons malmener par le puissant rouleau. Heureusement, nous sommes tous équipés de gilets de sauvetage. Gaspard hurle de peur, il s’agrippe à Ninon, manquant de la faire couler. Luiz se dirige rapidement vers lui pour le calmer et le sécuriser. Nous mettons quelques secondes, peut-être une minute à réaliser ce qu’il vient de se passer. Les surfeurs accourent sur leurs planches pour nous venir en aide. La mer, elle ne s’arrête pas de nous bousculer, nous envoyant toutes les 20 secondes des rouleaux puissants qui ont pour effet de nous remettre sous l’eau mais aussi de relancer les hurlements de Gaspard. Agathe, elle reste très calme et avance tranquillement avec Sylvain jusqu’à la plage. Pour ma part, je suis déboussolée par les vagues incessantes et focalisée sur la mise en sécurité de Gaspard. Finalement, Luiz m’attrape aussi et me ramène sur le rivage avec Gaspard. Tout est tombé à l’eau: Nous retrouvons sans difficulté nos chaussures qui flottent à la surface. En revanche, pas de sac à dos. Dedans se trouvent nos clé de camion. Ninon et Luiz ont également perdu un téléphone et des lunettes de vue. Luiz retourne le canoë, aidé par les surfeurs, pendant que nous reprenons nos esprits. Miracle! Notre sac à dos réapparaît, Agathe l’avait coincé sous mon banc, il était donc resté coincé sous la coque.

Luiz semble très en colère, c’est la première fois que cela arrive, il est pourtant bon navigateur et connaît bien la mer mais cette vague-là, il ne l’a pas vue venir! Il reprend son bateau seul pour le ramener à notre point de départ. Nous l’observons s’éloigner du rivage, naviguant avec vigueur, attaquant les vagues de front sans difficulté. Le canoë ne bouge pas, il semble très stable, insubmersible. Ninon et nous parcourons les 2km restant en marchant le long de la plage, cela nous permet de nous remettre de nos émotions. Les enfants grelottent, Gaspard est choqué. Agathe, elle, jubile! Elle dit à Ninon qu’elle a adoré les sensations! Ce mélange d’émotions est difficile à décrire. Même en y repensant aujourd’hui, il est difficile d’identifier exactement les émotions ressenties et nos pensées à l’instant T. C’est un peu comme si notre cerveau s’était mis sur pause, l’instinct de survie ayant pris le dessus, nous empêchant d’analyser profondément la situation. Il ne nous reste en mémoire qu’une série d’images et de sensations séquencées, tel un short vidéo pour réseaux sociaux.

Nous rentrons à la nuit tombée, transis de froid. Heureusement nous pouvons tous les quatre profiter d’une douche bien chaude dans le camion. Nous passons la soirée à discuter de ce qu’il vient de se passer, pour essayer de l’encrer dans le réel. Les enfants éprouvent le besoin de dessiner ce qu’il s’est passé. On finit par en rire, même Gaspard, même si on a conscience d’avoir eu de la chance. Une chose est sûre, cette excursion restera gravée dans nos mémoires à jamais!

Le lendemain, nous retrouvons Ninon et Luiz chez le réparateur de téléphone. Le mien ne se rallume plus, celui de Sylvain semble aussi montrer quelques signes de faiblesse. Ninon nous sert de traductrice. Nous laissons nos portables pour la journée afin qu’ils prennent un bain chimique afin d’éviter la corrosion. En attendant, nous passons la journée sur la plage. Après le travail scolaire, les enfants font du body-board, Gaspard parvient petit à petit à se remettre à l’eau et à prendre du plaisir. Je m’installe sur le sable avec ma guitare et profite de cette dernière journée dans cette petite ville de Garopaba qu’on aime tant.

En fin de journée, nous récupérons nos téléphones et quittons Garopaba en direction de Florianopolis.

Laguna…entre pluie et vent

Nous décidons de nous rendre à Laguna, sur les conseils des Globelulus, pour aller voir la pêche traditionnelle avec les dauphins. Une tempête et de grosses pluies sont annoncées. Nous choisissons de nous installer dans un camping pour pouvoir monter le auvent et attendre le retour d’une météo plus clémente.

Le camping heureusement est très bien équipé, au bord de l’océan et comme à l’accoutumée nous sommes seuls. Nous passerons la première journée sous le auvent et dans le camion. La pluie n’a pas cessée pendant plus de 24h! Le froid et les intempéries sont des épreuves pour la vie en camion: nous devons vivre à 4 dans un espace réduit sans trop nous marcher dessus. Alors on s’adapte: on avance sur l’école, on écrit, on cuisine, on va bavarder avec le gérant de l’épicerie…les journées s’écoulent finalement assez rapidement.

Le lendemain, nous avons pu mettre le nez dehors et sommes partis à vélo vers Laguna. L’océan était encore trop déchaîné pour que les dauphins montrent le bout de leur nez. En revanche, on a fait une belle balade de 20km à vélo et avons trouve un pump-track naturel dans les dunes pour le plus grand bonheur des enfants! Le paysage est magnifique et très sauvage. Cette partie de la côte est en plein essor, avec des terrains constructibles à vendre un peu partout le long du littoral…dans quelques années le paysage sera totalement transformé!

Le Dimanche, lors d’une balade à vélo sur la plage, nous avons pu assister à la pêche traditionnelle au filet. les pêcheurs se retrouvent à plusieurs dizaines, vont déposer un filet gigantesque avec un petit bateau puis le tirent tous ensemble. Ils en sortent des dizaines de poissons qu’ils vont vendre ensuite soit directement sur la plage, soit au marché.

Le soleil étant enfin de retour, nous poursuivons notre route vers Garopaba, en espérant trouver l’été et sortir les maillots de bain!

Les premières Serras…découverte de la « Mata atlanticà »

Suivant les conseils du gérant du camping de Cassino (une jolie plage au sud de Porto Alegre), nous nous rendons à Praia Grande, dans le Parc national de Serra Geral. C’est une ville touristique qui accueille principalement pendant l’été (décembre, janvier, février) de nombreux Brésiliens, mais aussi des Uruguayens et des Argentins qui recherchent des lieux en pleine nature et des vues époustouflantes.

La géographie des lieux est très particulière: de hauts plateaux s’érigent au sommet de falaises escarpées, découpées par des rivières et torrents, formant des canyons de 700 mètres de haut! L’eau coule à flots, évacuant les pluies intenses des terres vers l’Océan atlantique qui n’est qu’à une trentaine de kilomètres. Elle est présente partout: du petit ruisseau à la grande rivière, l’eau dévale les pentes en permanence, sans que rien ne puisse l’arrêter. Lorsqu’il pleut en amont, les rivières sortent de leur lit en moins de 30 minutes et montent de plusieurs mètres. Le niveau baisse également rapidement car l’eau s’évacue très vite jusqu’à la mer. Le relief abrupte offre à nos yeux une vue spectaculaire des canyons depuis les différents miradors et l’eau, dans sa course infernale, chute de temps à autres de plusieurs dizaines de mètres, formant de magnifiques cascades qui tombent, tels des voiles de mariées, dans des piscines naturelles d’eau pure. L’eau dans le parc est potable et très minéralisée, son passage à travers le sol, les plantes, les racines et les cailloux la filtre et la minéralise. Attention cependant à ne pas en abuser!

Praia Grande se trouve entre deux parcs nationaux (Aparados da Serra et Sera Geral) qui font partie des 74 parcs nationaux du Brésil qui visent à préserver les écosystèmes naturels mais aussi à la recherche scientifique, à l’éducation environnementale et à l’éco-tourisme. Les alentours sont truffés de Pousadas (auberges) proposant des petites cabanes en bois, allant de la plus simple à la plus luxueuse.

Nous choisissons le « camping Malacara », situé aux portes du canyon du même nom que nous souhaitons visiter le lendemain. Le lieu ressemble plus à un parking qu’à un camping, au milieu d’un hameau, où se réunissent les voisins en fin de journée pour capter internet. Nous arrivons à la nuit tombée. Sur la place, devant la petite construction en bois qui semble servir de réception, sont réunis trois adultes et sept à huit enfants. Nous avons bien du mal à identifier la propriétaire des lieux mais heureusement, l’un des villageois parle espagnol et nous parvenons à converser avec lui. Il nous présente Jenny, une septuagénaire très tranquille, qui ne parle pas un mot d’espagnol, ni d’anglais, ne de quoi que ce soit d’autre que le portugais. Nous comprenons que le camping lui appartient. Elle nous montre les toilettes, les douches (chaudes d’après elle…) et nous branche à l’électricité. Il y a aussi une petite cuisine à disposition avec un frigo, une gazinière, un évier et un peu de vaisselle. L’autre femme, une jeune trentenaire, bébé sous le bras, une cigarette à la main, joue machinalement à une sorte de Candy Crush sur son téléphone, levant la tête de temps à autre pour traduire à Jenny un mot qu’elle a compris dans notre espagnol bien approximatif. Nous échangeons un bon moment ainsi, dans une langue peu officielle de « portu-gnol » tinté de français et d’anglais…on ne se dit pas grand chose mais le peu prend pas mal de temps!!! Je comprends tout de même que 4 des enfants présents sont à elle, que les deux fillettes brunes sont les voisines et que Luna est la fille du monsieur qui parle espagnol. Les quelques enfants du village sont très intrigués par Inkaiko et en font la visite. Agathe se lie rapidement avec Luna. Elle a son âge, apprend aussi le violon et aime les chevaux. A coup de Google traduction, elles parviennent à discuter et à faire connaissance. Gaspard échange quelques passes avec un garçon d’à-peu-près son âge. Luna me demande de sortir ma guitare alors je m’exécute. Je joue quelques morceaux pour le plus grand bonheur du petit David, 18 mois, qui tombe littéralement amoureux de moi à en juger par son regard rempli de tendresse et d’admiration! Il ne me lâche plus d’une semelle. Sa maman s’étonne car elle me dit qu’il est très sauvage et ne va jamais avec personne. Tout ce joyeux petit monde continue comme cela à jouer, à discuter, sans que l’heure avancée ne semble inquiéter personne! Nos enfants, eux, ont les estomacs qui crient famine et aimeraient bien rentrer au calme dans le camion. En effet, il est presque 21h! Finalement, je dis au revoir et nous rentrons dans le camion. Peu de temps après, tout le monde rentre chez soi.

Le lendemain matin, Luna vient nous voir et nous demande si nous voulons aller dans le canyon Malacara accompagnés de sa maman. Celle-ci est guide officielle et est habilitée à accompagner les touristes. En effet, le canyon ne peut pas se visiter sans guide pour trois raisons: la première c’est que le sentier n’est pas balisé et qu’on se perdrait à coup sûr ; la deuxième c’est que les guides sont en permanence en lien avec le contrôle météo pour pouvoir rebrousser rapidement chemin en cas de crue annoncée (il peut bien pleuvoir à plusieurs kilomètres et la rivière peut monter sans prévenir) ; enfin la troisième c’est qu’elle a en sa possession des guêtres épaisses à mettre le long de nos jambes pour prévenir les morsures de serpents! Nous acceptons donc volontiers qu’elle nous accompagne.

La randonnée est très agréable. Nous suivons Dani à travers cette forêt atlantique dense et humide. Elle nous fait découvrir des plantes médicinales et arbres endémiques, nous suçons des trèfles 10 fois plus gros que ceux que nous connaissons en France, dégustons des fruits dont j’ai oublié le noms (mais délicieux!) et découvrons l’histoire des canyons et de la région. Elle nous explique qu’une partie du chemin empruntée était, avant 1992, date à laquelle la Serra est passé sous la protection des parcs nationaux, une route empruntée par des gros camions qui venaient couper des arbres. Depuis la fermeture de la route, la nature a repris ses droits rapidement, les arbres ont poussé à grande vitesse si bien qu’e l’on ne puisse pas du tout ‘il est difficile d’imaginer que des camions passaient ici il y a 30 ans! Le chemin est tantôt boueux, tantôt pierreux et nous traversons à plusieurs reprises la rivière avec de l’eau arrivant parfois jusqu’au genou. Nous observons le sommet du canyon depuis ses profondeurs accompagnés par le chant des oiseaux et les cris des singes que l’on perçoit au loin. L’humidité ambiante, la végétation luxuriante, et le son de l’eau parcourant les rochers créent une atmosphère brumeuse et mystique. Au bout du sentier, nous trouvons deux piscines naturelles dont l’une d’elle mesure 13 mètres de profondeur. L’envie de s’y baigner est très forte mais à cette saison l’eau est fraîche et la température extérieure pas suffisamment élevée pour se réchauffer. Nous tenterons la baignade jusqu’à mi-cuisses mais pas plus loin.

Nous rentrons pour 13h au camion, ce fut une très belle balade à la découverte de la fameuse « mata atlanticà ».

Cet après-midi là, nous partons à vélo à travers les pistes de Praia Grande pour découvrir la jolie petite ville, déguster un sorbet à l’Acaï tant attendu pour ma part et aller admirer la « Cascata Magia das Aguas ». Le soir, les enfants sont de nouveau au rendez-vous, accompagnés de leur maman qui vient comme chaque soir capter internet pour jouer sur la place avec son téléphone. Luna revient jouer avec Agathe accompagnée d’une amie. Les filles s’entendent bien et passent un bon moment. Gaspard, lui, pourtant d’habitude locace et extraverti, se terre dans le camion pour éviter les échanges avec son camarade de jeu de la veille. Je crois que la barrière de la langue est vraiment difficile pour lui.

Le lendemain, le temps est pluvieux. Nous tentons de nous rendre sur les plateaux pour admirer la vue. Nous nous arrêtons sur deux miradors et pouvons observer le haut des canyons surplombant une magnifique mer de nuages. Un paysage cotonneux qui laisse vite place à un brouillard épais bouchant totalement la vue. C’est avec regrets que nous quittons la serra, la météo du lendemain ne sera pas plus clémente. Aussi, nous repartons vers la côte pour trouver un endroit où nous poser quelques jours en attendant la fin de la perturbation.

L’Uruguay en bref…

Après trois semaines en Uruguay, je souhaitais faire un petit récapitulatif de ce qui nous a le plus marqué:

  • La gentillesse et la générosité des locaux: Les Uruguayens sont très souriants, patients et toujours prêts à vous aider. A chaque fois qu’on a rencontré quelqu’un, il nous a donné son numéro de téléphone avec la consigne de l’appeler au moindre souci pour qu’il nous aide.
  • La sécurité: Partout en Uruguay nous nous sommes sentis en sécurité. C’est le pays le plus sûr de l’Amérique du Sud, idéal pour démarrer un voyage au long court et prendre nos marques.
  • Les prix: L’Uruguay est réputé pour être le pays le plus cher du continent sudaméricain. Ce n’est pas une légende! L’une des premières choses que nous demandent les locaux quand on discute avec eux, c’est si leur pays nous paraît cher! En effet, la nourriture est très chère, sauf la viande et le riz. Les Uruguayens usent de stratagèmes pour acheter à des prix raisonnables: ils font des allers-retours au Brésil et achètent en gros puis revendent en petites quantités ou font leurs emplettes dans les marchés et férias de rues où les prix sont beaucoup plus abordables qu’en supermarché. Ils mangent évidemment beaucoup de viande car elle est de bonne qualité et peu chère. La raison de ces tarifs élevé: les taxes. La TVA est de 22% à laquelle s’ajoute la taxe sur les produits importés. L’Uruguay, ayant peu d’échanges commerciaux avec l’étranger, ne pèse pas lourd dans la balance des négociations et subit 30 à 50% de taxe pour les importations. Par exemple, pour l’achat d’une voiture, les taxes représentent la moitié du prix du véhicule! Pour l’anecdote, je n’avais pas emmené mon sèche-cheveux en me disant que j’en trouverai un ici. J’ai dû comparer les prix dans une dizaine de magasins, ils s’élevaient parfois à plus de 60€! J’ai finalement acheté un sèche-cheveux basique à un prix raisonnable…de 39€!!!
  • Un développement à deux vitesses: en Uruguay, tu peux aussi bien croiser des voitures électriques dernier cri ou des pick-up flambant-neufs comme des tacots de 1960 tout rouillés ; des gens qui vivent avec l’équivalent de 200€/mois comme d’autres qui gagnent dix fois plus ; des fermiers qui vivent comme au début du XXème siècle en France, sans eau chaude ni machine à laver, qui doivent parcourir 30 minutes de piste pour rejoindre une ville (quand la route n’est pas coupée par une rivière en crue) et à seulement 200km, une côte océane bordée d’autoroutes asphaltées, de luxueux immeubles, de pistes cyclables et de shopping center. Des disparités comme celles-ci sont monnaie courante ici. Cependant, tout le monde semble manger à sa faim, être logé et en sécurité. Il y a ceux qui sont montés dans le train de la mondialisation et de la société de consommation et qui en ont tiré du confort et les autres qui, soit par choix, soit par fatalité, son restés sur le quai. Dans le Nord, c’est vraiment par choix. Les gens d’ici défendent la culture gaucho, le « bien vivre » à la campagne et la préservation de leur terroir. Revers de la médaille: un exode rural important chez les jeunes qui s’expatrient dans les villes et ne veulent plus revenir. Le tourisme rural est en pleine expansion et certains l’ont bien compris avant les autres: des pousadas (auberges) poussent un peu partout avec des nuits insolites dans des cabanes en A, des petites constructions géodésiques ou autre constructions peu banales. Une manière de redonner un peu de dynamisme à ces grandes étendues abandonnées…à tort ou à raison? Nous nous garderons bien d’émettre un avis sur le sujet. Pendant ces trois semaines en Uruguay, nous aurons rencontré des conservateurs, des pro-développement, des avant-gardistes, toutes ces visions cohabitent en bonne intelligence dans ce pays qui cherche encore la voie qu’il veut emprunter.
  • La gestion des déchets: Ma conscience écologique est mise à rude épreuve. Outre les sacs plastiques distribués dans les magasins (1 produit/1 sac!), j’aurai croisé à trois ou quatre reprises seulement des containers de tri en trois semaines! Même le verre va dans la poubelle ménagère! Montevidéo et Punta del Este semblent commencer à trier mais cela n’est pas encore rentré dans les consciences individuelles. Dans le Nord, là où l’eau est pure et les paysages préservés, on brûle tous les déchets dans une benne en métal sans tri aucun! Sur la côte, nous avons même vu un habitant sortir de sa maison, deux sacs poubelle à la main, passer tranquillement le portail de son joli terrain tondu ras et jeter, sans être gêné par notre présence, ses deux sacs directement dans la dune, à 5 mètres de l’océan!!! J’aurais voulu être plus à l’aise en espagnol à ce moment-là pour l’engueuler comme il le méritait. Je peux encore comprendre (même si je ne l’accepte pas) que les gens prisonniers de la nécessité de fassent pas de l’écologie leur préoccupation première, mais cet homme, qui vit dans une jolie maison tout confort en face de la plage, qui possède deux voitures dans sa cour pavée et qui dispose de containers à poubelles à deux coins de rue, lui, n’a pas le droit d’agir ainsi! C’est de l’individualisme à l’état pur et un crime assumé contre l’environnement!
  • Les aires de jeux: Partout dans le pays, chaque place accueille une aire de jeux pour enfants, un parcours santé ou un skate park…pour le plus grand bonheur de nos enfants qui nous demandaient de nous arrêter tous les 500 mètres pour aller tester le toboggan, la balançoire ou l’araignée!
  • L’odeur du cannabis: Ici le cannabis est légalisé. Pour autant, sa consommation n’est pas ostentatoire mais Agathe a bien appris à reconnaître cette odeur qui nous venait tout de même fréquemment aux narines. A noter: conduire en ayant fumé ne semble pas poser de problème contrairement à l’alcool (tolérance 0)!
  • Les animaux: Nous avons également été frappés par l’importante présence d’animaux, sauvages comme domestiques. D’abord les oiseaux : il y en a énormément! Des petits, des gros, qui volent et planent au-dessus de votre tête où que vous soyez. Bien sûr il y en a encore davantage à la campagne. Le chant des oiseaux vous accompagnent du matin au soir, c’est très plaisant! Les chevaux : nous ne nous étions pas trompés, l’Amérique du Sud est le continent du cheval. L’Uruguay ne fait pas exception: il y a un nombre impressionnant de chevaux dans les champs, servant aux gauchos, mais aussi en ville, parfois sur les pelouse, les bas-côtés. Le cheval est un animal domestique très répandu et très respecté. Enfin les chiens: chaque famille possède parfois un, souvent plusieurs chiens. Il y a des magasins spécialisés pour leur nourriture et leur bien-être à tous les coins de rue. Dans l’aéroport de Montévidéo, il y a même des toilettes pour femmes, de toilettes pour hommes (jusque-là rien de bien exceptionnel!) et … des toilettes pour chiens! Partout où nous allons, nous finissons toujours par être accompagnés d’un ou deux chiens errants cherchant un peu d’affection ou quelques restes de repas. Les animaux sont tous très gentils, nous n’avons croisé aucun chien agressif. Cependant, il est important de faire bien attention où l’on met les pieds (petite revanche contre ces humains qui jettent leurs déchets partout???)!

Voilà ce qu’on retiendra principalement de l’Uruguay, ce petit pays que nous avons beaucoup apprécié visiter qui a beaucoup d’atouts. Maintenant place au Brésil…une toute autre histoire!

Punta Ballena et Punta Del Este

Nous rejoignons la côte après notre périple dans le nord du pays. Ici, rien ne ressemble à ce que nous avons connu au pays des gauchos: route asphaltées, maisons luxueuses et panneaux publicitaires géants mettent à l’honneur la société de (sur)consommation à laquelle nous cherchons tant à échapper . C’est comme si nous arrivions dans un autre pays alors que nous n’avons parcouru que 400km depuis Tacuarembo.

Nous ne nous attarderons pas ici, juste une halte d’une nuit à Punta Ballena qui, comme son nom l’indique, est un des endroits privilégiés pour observer les baleines. On ne peut pas nier que l’endroit soit magnifique: un beau cap rocheux balayé par le vent et frappé par les vagues entouré de magnifiques plages de sable blond et fin. On comprend pourquoi cet endroit est devenu une station balnéaire luxueuse pour les riches touristes Uruguayens, Argentins et Brésiliens. Nous ne verrons aucune baleine malgré le timing parfaitement respecté: crépuscule et aube (réveil matin à 6h30!!!).

Pour la première fois du voyage depuis notre passage chez Silvia à Paraiso Suizo, nous sommes entourés d’autres camions de voyageurs. Le matin, au réveil, nous rencontrons Damien et Martine, les Globelulus…un couple de voyageurs chevronnés qui reprennent leur périple après une année de pause en France. Nous commençons à discuter, à échanger des bons plans, à partager nos expériences… Le temps passe (toujours trop vite!). Nous nous installons à table au soleil pour partager un repas improvisé et comme tous français qui se respectent, nous passons la journée sur cette terrasse improvisée à siroter leur super cachaça dégotée dans une distillerie au Brésil. Nous continuerons à discuter ainsi jusqu’à la nuit tombée et resterons finalement une nuit de plus! Ce fut une belle parenthèse dans notre périple uruguayen! Le voyage c’est aussi cela, se laisser surprendre par les belles rencontres et remettre le programme d’aujourd’hui à demain…voire en changer complètement!

Le lendemain, nous rejoignons Cabo polonio par la côte en passant rapidement Punta Del Este qui ne présente que peu d’intérêt sauf si l’on aime l’architecture moderne, les yachts, le luxe et les cafés à 15€!

Cabo Polonio, le village du bout du monde…

Ce matin, nous partons visiter le village de Cabo Polonio, dans un parc national protégé qui abrite une des plus grande colonie de « lobos » d’Amérique du Sud.

C’est un village de pêcheur, non alimenté en eau ni en électricité, que l’on ne peut atteindre qu’à pieds par une balade de 7 km ou en prenant le seul transport autorisé à se rendre sur les lieux: un camion 4×4 qui fait 6 allers-retours par jour. Nous choisissons évidemment le camion qui fait très envie aux enfants!

Après une vingtaine de minutes de voyage à travers les dunes, nos corps balancés de droite à gauche, d’avant en arrière à chaque tour de roue du fameux « camion-tracteur » et nos poumons remplis de vapeurs de pot d’échappement, nous débarquons à Cabo Polonio. Ce charmant petit village encore authentique a séduit un bon nombre de hippies qui se sont installés là, coupés de tout, et ont ouvert de petites échoppes pour les touristes, toutes orientées « bien-être »… Ici on trouve des space cake ou des magic cookies à tous les coins de rue, des massages ayurvédiques, des soins énergétiques en tout genre, des porte encens, des fringues en coton bio, des bars à jus, des restaurants végans…tout cela dans de petites cabanes colorées ornées de pancartes sur lesquelles sont peintes en lettres de couleur, de jolies expressions qui te disent de kiffer la vie! C’est aussi un des seuls endroit d’Uruguay où je verrai des containers pour le tri des déchets et du compost! Inutile donc de vous dire que j’adore cet endroit!!!

Après cette ruelle principale, des petites maisons individuelles parsemées sur la presqu’île, finissent le décor. Les cabanes de pêcheurs au confort rudimentaire font place peu à peu à de petites maisons, toutes plus mignonnes et originales les unes que les autres, équipées de panneaux solaires, de sanitaires, voire de spa! Beaucoup en ont fait des locations d’été ou des chambres d’hôtes. On imagine bien l’ambiance qui doit régner ici en été où quelques dizaines de privilégiés viennent profiter des magnifiques plages qui entourent le phare, de la forêt de pin qui protège cette « île » du surtourisme. Aujourd’hui c’est l’hiver, le village est désert, beaucoup d’échoppes sont fermées, cela donne à ce lieu un véritable air de hameau du bout du monde, livré aux éléments, où le vie se déroule au ralenti.

Tout au bout du village, derrière le phare, nous découvrons un lieu qui lui, est plein de vie. Des centaines d’âmes se prélassent sur les rochers rosés, chantant bruyamment sans se soucier de gêner la sieste du voisin. Il s’agit d’une grande concentration d’otaries et de lions de mer qui eux aussi, ont élu domicile ici. Lorsqu’on les observe, se prélassant de la sorte, se déplaçant avec nonchalance sur leur rocher, on pourrait les comparer à une communauté hippie qui aime se la couler douce dans un endroit tranquille! Seuls les petits semblent un peu excités. Certains barbotent dans l’océan agité, plongeant entre les rochers frappés par les vagues sous le regard peu affolé de leurs maman fatiguées, d’autres s’amusent à échapper au regard de leur mère et à se faufiler entre les rochers pour aller voir ce qu’il se passe plus loin… Nous passons un bon moment à observer ce spectacle très divertissant de tout ce petit monde que rien ne semble pouvoir perturber dans cette routine de farniente perpétuel!

Après quelques heures dans ce petit bout du monde, nous rentrons (cette fois à l’étage loin du pot d’échappement) dans notre autobus bien spécial pour le plus grand bonheur des enfants qui s’éclatent à se faire balloter dans tous les sens !

Minas…ou l’introuvable spot d’escalade!

Notre prochaine destination est le parc naturel de Minas, repéré sur une application d’escalade comme étant le seul spot d’escalade sportive de l’Uruguay. Il s’agit de Falaises d’une cinquantaine de mètres surplombant une forêts de feuillus endémiques. Nous nous stationnons sur un petit parking herbeux au bord d’une piste, en face du chemin de départ de randonnées. Le parking est interdit la nuit d’après l’écriteau. Je contacte le garde forestier responsable du site (son numéro est indiqué sur les pancartes) et lui demande si nous pouvons grimper le lendemain et passer la nuit ici. Il m’envoie un message automatique me disant qu’il est en réunion et qu’il me rappelle après…j’attends toujours! Puisque qui ne dit rien consent, nous décidons de passer la nuit ici. Nous sommes en basse saison, l’endroit et désert et je crois que cela lui importe peu qu’on reste là. Nous passons le début de soirée à jongler, les enfants nous préparent leur énième spectacle depuis le début du voyage…je dois dire que la prestation devient qualitative au fur et à mesure des représentations!

Le lendemain matin, nous prenons le matériel d’escalade, enfouissons le pique-nique et les gourdes dans le sac à dos, et n’oublions pas les jumelles et la boussole. Nous partons sur le sentier de randonnée menant au sommet, dans l’idée de rejoindre le haut des voies d’escalade et de les descendre en rappel avant de grimper sur couenne (le départ des voies n’étant pas accessible puisqu’il se trouve dans la propriété du garde forestier qui est fermée). Vingt minutes plus tard, nous sommes au sommet. La vue est superbe! Ce promontoire rocheux surplombe la campagne et les arbres semblent comme accrochés à la paroi. Nous suivons d’abord le sentier, puis voyant que nous redescendons, nous décidons de couper vers la gauche, à travers la dense végétation, là où semblent se dessiner des sentiers, peut-être tracés par des humains…ou par des animaux. Nous essayons d’atteindre les voies mais à chaque fois que nous choisissons un sentier, celui-ci finit par disparaître au profit d’une végétation trop dense pour continuer à progresser. Nous arrivons dans un espace dénué d’arbres et parsemé d’une dizaine de rochers de 2 à 5 mètres de haut qui ravivent notre envie de grimper. Nous posons nos sacs et commençons à escalader ces rochers qui nous offrent un joli espace de bloc! Il y en a pour tous les niveaux, chacun y trouve son compte. Nous pique-niquons dans cet endroit puis essayons de trouver le fameux spot d’escalade. Au bout d’une bonne heure de recherche, nous finissons pas laisser tomber et décidons de repartir. Notre petite séance de bloc nous aura tout de même consolés et la randonnée avec les enfants était très agréable.

Nous rejoignons sans difficulté le sommet et retrouvons le premier foulard bleu qui indique le chemin du retour. Oui, mais voilà…impossible de retrouver la sortie! Nous tournons en rond, essayons différents sentiers…aucun ne débouche sur notre chemin de retour. Tout se ressemble, impossible de repérer d’où nous sommes arrivés ce matin! Après une bonne heure à chercher, nous revenons à la balise bleue. Sylvain essaye un énième sentier…cette fois c’est le bon! Nous redescendons sans encombre au camion et quittons Minas sans jamais avoir trouvé ce fameux site d’escalade mais en ayant tout de même découvert un joli site de bloc non référencé!

San Gregorio de Polanco

Après Notre séjour dans la Vallée de Lunajero, nous décidons de rejoindre la côte. Sept heures de route nous séparent de l’océan, nous choisissons de couper le trajet afin de ne pas rouler trop longtemps et d’arriver en milieu d’après-midi sur notre bivouac pour profiter du lieu.

Après deux heures trente de route que nous avons valorisées en deux heures d’école, nous arrivons à San Gregorio de Polanco, une petite ville tranquille au bord du lac artificiel Ricon Del Bonete, créé en 1945 suite à la construction du barrage Gabriel Terra et de la plus grande centrale électrique d’Amérique du Sud à l’époque. De belles plages de sable fin bordent le lac et en font une destination touristique très prisée des Uruguayens.

Nous sommes en hiver, la plage est donc presque déserte. Seules quelques familles viennent s’y promener en ce jour férié de commémoration de l’Indépendance du pays (25 août 1825). Nous profitons de la plage avec les enfants, on joue au foot, on sort le matériel de jonglage, on profite de la douceur de l’air et de cette fin de journée jusqu’au coucher du soleil qui, soit dit en passant est très beau! Nous apprécions encore une fois ces moments simples dans une nature magnifique! Je ressens à ce moment-là beaucoup de gratitude pour ces instants précieux qui nous sont offerts.

La soleil couché, nous déplaçons le camion de quelques centaines de mètres, sur l’autre rive, près d’un barbecue public, d’une table et d’un point d’eau. Une trentaine de minutes plus tard, nous voyons arriver un berger allemand (ou en tout cas un chien qui y ressemble beaucoup) rencontré sur la plage cet après-midi. Il a réussi à nous retrouver malgré les 500mètres qui nous séparent de la plage! Ici, il y a beaucoup de chiens errants, tous très gentils. Celui-ci semble être l’un d’eux. Il élit domicile devant notre camion et y passera la nuit, aboyant au moindre intrus qui s’approche! Ce chien qu’on ne connaît ni d’Êve ni d’Adam a décidé d’être notre ange gardien pour la nuit, juste par bonté, sans rien attendre en retour. Dans ce pays, même les chiens sont à l’image des habitants : généreux et bienveillants!

Nous passons une très bonne soirée autour de ce barbecue, à chanter, rire et danser.

La nuit ne sera malheureusement pas aussi agréable…ce sont surtout les moustiques qui ont chanté, rit et sucé (notre sang!) en nous narguant de leur petit sifflement strident dans nos oreilles à chaque fois que nous commencions à sombrer dans le sommeil, tels des tortionnaires avec leurs prisonniers! Nous avons joué à la chasse aux moustiques mais ils étaient plus forts et plus nombreux! Au réveil…nous nous sommes tous fait dévorer! Toutes les parties du corps qui dépassaient de la couette y sont passées! Heureusement, nous quittons le bord du lac ce matin vers la côte où il n’y a pas de moustiques à cette époque.

La Région de Tacuarembo…une autre facette de l’Uruguay

Vallé Eden

Après nos péripéties d’embourbement et de manque de carburant, nous gagnons la région de Tacuarembo, au Nord du pays. Nous faisons halte sur un petit terrain de camping (lui aussi ouvert et gratuit pendant l’hiver) et une fois n’est pas coutume, nous sommes seuls. Il y a une petite épicerie en face devant laquelle une pancarte indique « miel ».

Je vais donc discuter avec ce petit monsieur, coiffé d’un béret (que nous reverrons bien des fois dans cette partie du pays), qui observe ses veaux, vaches, brebis, chevaux, dans le champ juxtant sa boutique. Je me heurte à l’accent d’ici, très marqué! Tous les « lle, ye » se transforment en « che », les consonnes qui terminent les mots disparaissent…bref, un nouveau challenge pour la débutante en espagnol que je suis! Pour autant, je ne coupe pas la conversation et essaie de me débrouiller comme je peux. Je crois que cela l’amuse beaucoup! Nous lui achetons du miel et deux ou trois autres produits (encore trop chers, j’en parlerai dans un autre article) et rentrons au camion.

Le lendemain, nous nous dirigeons par la piste au coeur de ce que les locaux appellent la « Valle Eden » (dire « baché-den »). Paolo nous a indiqué une cascade cachée au milieu de la pampa, non loin de la piste qui relie Tembores. Nous prenons le camion afin de limiter la distance à parcourir à pieds car nous aimerions arriver de jour dans la vallé de Lunajero, notre prochaine étape. Mais cela était sans compter sur les rivières à traverser et les ponts encore une fois submergés. A bien y réfléchir, on est certains que le camion pouvait passer: le niveau d’eau n’était pas si haut et le courant faible. Mais étant donné nos mésaventures des jours précédents, on a décidé de se garer et de finir à pieds. Les 3 km se sont donc transformés en 13km au milieu des champs…mais c’était un régal!

La cascade serait introuvable si on ne nous l’avait pas indiquée. De la piste, on ne peut absolument pas deviner qu’un canyon somme toute assez profond se dessine quelques centaines de mètres plus bas. Le seul indice, que nous avons repéré déjà plusieurs fois, c’est l’alignée d’arbres qui semble tracer un chemin sinueux à travers la pampa. En effet, à chaque fois que nous avons vu ces bosquets sinueux, il y avait une rivière au pied. Nous nous arrêtons devant une clôture derrière laquelle un sentier semble mener vers la fameuse cascade. Nous hésitons puis décidons de franchir la clôture et de suivre le chemin. Les enfants ne sont pas rassurés, pénétrer dans des lieux fermés par des clôtures ne fait pas partie de leurs habitudes, ils ont l’impression de faire une bêtise, ou pire, d’aller vers quelque chose de dangereux…

Finalement, au bout d’un petit kilomètre, nous arrivons à la cascade…du mauvais côté! Il nous faut encore franchir la rivière qui est encore haute à cette saison. Alors nous enlevons nos chaussures pour la troisième fois de la balade et traversons. Cette petite randonnée a des allures d’aventure pour les enfants, c’est vraiment drôle!

Une fois devant la cascade, quel spectacle! Une chute d’une dizaine de mètres dans un bassin circulaire qu’on imagine bien servir de piscine naturelle aux locaux pendant l’été.

Il est 13h30, nous n’avons bien évidemment pas pris le pique-nique, pensant faire « un petit tour » mais j’ai quelques Alfajores (gros sablés à la maïzena et au Dulce de Leche, spécialité d’ici). Nous les dégustons avant de repartir et rentrons assez rapidement au camion pour grignoter un peu avant de repartir.

Valle de Lunajero

Après avoir fait le plein d’essence (réservoir + deux bidons) et de courses à Tacuerembo, nous reprenons la route vers la Vallé de Lunajero, 1h30 plus au Nord, à une trentaine de kilomètres de la frontière brésilienne. Nous n’avions pas envisagé aller dans cette région mais nous avons suivi les conseils de Paolo qui nous avait vanté ce lieu. A cause de notre longue randonnée, nous arrivons de nuit. La vallée est parcourue de pistes et il n’est vraiment pas évident d’évoluer là-dessus en pleine nuit. Il est difficile d’appréhender le terrain, les trous, les bosses…et les flaques! Nous décidons donc de dormir non loin de l’entrée de la vallée et de rejoindre notre point de chute le lendemain. Nous roulons jusqu’au bord de l’Arroyo Lunajero où nous nous arrêtons. Mais une fois de plus, notre intuition nous dit de remonter plus haut. On annonce encore de l’orage cette nuit et nous sommes au bord de l’eau…pas idéal! Nous nous installons donc plus haut, au bord de la piste.

Au réveil, après une nuit de pluies diluviennes, nous retournons voir le bord de rivière…elle n’a pas vraiment montée, mais nous ne regrettons tout de même pas notre décision de la veille.

Nous nous rendons donc à « Miradores del Valle », une petite ferme qui accueille des voyageurs. Nous mettons 1h à parcourir les 14km de piste qui nous séparent de cette ferme, très reculée dans la vallée. Le paysage est magnifique, la piste bordée de fermes authentiques, de chevaux par centaines, de brebis, de vaches et autour se dessinent des collines verdoyantes. Nous sentons déjà que nous nous sentirons bien ici.

Nous sommes accueillis par Silvia et David, un couple de quinquagénaires très gentils qui nous expliquent que c’est leur fille qui gère la petite activité touristique. Ils nous installent dans l’espace prévu pour nous, un petit jardin avec un charmant barraquement en bois dans lequel ils ont créé deux chambres, deux cuisines et deux salles de bain. Il y a également une petite terrasse couverte et un barbecue. A peine posé le pied dans cette ferme, nous nous y sentons comme chez nous! David est très locace, il ne rate pas une occasion pour venir discuter avec nous! Il parle doucement, mélange l’espagnol et l’anglais, utilise ses mains et multiplie les mimiques sur son visage…une véritable pièce de théâtre! Avec lui, nous progresserons à toute vitesse en Espagnol!

Nous décidons de rester ici quelques jours pour nous poser un peu, laver le linge et profiter des balades que leur fille propose. Nous passons l’après-midi à enchaîner les machines à laver (notre petite machine ne lave que 2kg à chaque fois et nécessite deux rincages…c’est fastidieux!) et à compléter le site internet.

Le lendemain matin, nous devions faire une balade à cheval mais Nathalie, la fille de David et Silvia souffre d’une indigestion et reporte à l’après-midi. Puisque nous sommes levés et prêts, nous en profitons pour assister au nourrissage des animaux de la ferme. Les enfants apprécient beaucoup ce moment.

David nous raconte comment leur fille Paola a sauvé sa jument lorsqu’elle avait 11 ou 12 ans. La jument venait de mettre bas mais elle ne laissait pas David récupérer le placenta. Elle était en train de faire hémorragie et allait mourir. David fit prévenir sa fille qui était au Collège. Celle-ci a quitté son cours et est rentrée en vitesse à la ferme. Elle s’est couchée sur sa jument et lui a parlé, elle a versé ses larmes sur elle. La jument aurait pleuré elle aussi. Puis, tout à coup, la jument s’est relevée, Paola a réussi à l’accompagner jusqu’à la mangeoire et la jument a commencé à s’alimenter. David a pu retirer le placenta et la jument a survécu. C’est à ce moment-là qu’ils ont découvert le don de Paola : « horse whisperer ». Elle en fait aujourd’hui son métier, a gagné des concours de dressage et cloue le bec de bien des voisins qui n’arrivent pas à tirer quoique ce soit de leur bourrin, en leur faisant faire ce qu’elle veut…

Cette belle histoire m’a beaucoup émue et la théâtralisation dont fait preuve David n’y est pas pour rien! Il nous a raconté beaucoup d’histoires en quelques jours: la bataille entre les colons et les indiens autochtones sur le promontoire rocheux situé plus haut, sur ses terres ; sa jeunesse, les virées en voiture avec ses potes, bourrés, le jour de la fête de l’indépendance ; sa rencontre avec Silvia et leur retour au « campo » ; les voisins jaloux ; son amour pour la musique … de très beaux échanges, très riches qui nous ont permis de sentir l’âme originelle de ce pays qu’est l’Uruguay, ou tout du moins de cette partie nord du pays.

L’après-midi, nous vivons une superbe expérience lors d’une balade à cheval à travers les terres de David, accompagné de Nathalie et de sa fille Mano, 4 ans, cavalière hors-pair! Ici, les chevaux sont montés sans étriers, avec comme première couche un tapis de laine pour les protéger du froid et des frottements, en deuxième couche un tapis antidérapant et enfin une selle en laine de mouton, épaisse, sanglée au cheval. Les rennes se tiennent dans une seule main et l’on dirige le cheval en écartant le bras à droite ou à gauche. Nathalie m’explique que le mors est très différent de celui que nous utilisons en France. Monter dans de telles étendues est un plaisir incroyable. Les chevaux trottent quasiment en permanence et galopent très facilement. Leurs allures sont toutes agréables. Ici on ne pratique pas le « trot enlevé », on suit simplement les mouvements du cheval…un régal! Les chevaux sont très adroits dans les passages de rivière, la boue, les marécages… Nous avons tous adoré ce moment magique!

En fin de journée, les enfants jouent avec Mano, qui cherche à entrer en communication avec Gaspard. De notre côté, nous préparons la viande d’agneau que Nathalie nous a vendue…6,50€ le kilo!!! Je n’aime pas le mouton ni l’agneau en France mais Sylvia, notre hôte suisse du début du voyage m’avait dit que je pouvais manger celui d’ici, qu’il n’avait pas du tout le goût que je connais. En effet, c’était un délice!

Le lendemain, nous partons en randonnée tôt le matin (vers 9h30) pour découvrir les collines et deux cascades cachées sur les terres de David. C’est Nathalie qui nous accompagne. La balade est agréable, Nathalie nous raconte l’histoire du chemin que nous empruntons, qui était utilisé par les indiens autochtones puis par les familles de colons qui se sont installées ici et qui l’empruntaient deux fois par an pour aller vendre leurs cultures ou leur bétail à d’autres villages. Elle nous montre des plantes médicinales, nous parle de la faune et de la flore locale. Nous discutons également politique, économie, société…encore une belle occasion de progresser en Espagnol, d’autant que Nathalie a grandi à bonne école, elle a la même capacité que son père à adapter sa vitesse ses mots et à comprendre nos imperfections.

Nous passons le dernier après-midi à profiter du soleil, lire, cuisiner, nous reposer, faire de la musique…les enfants jouent avec Mano qui vit sa meilleure vie!

Nous quittons « Miradores del Valle » le lendemain matin avec 24 oeufs de ferme achetés à Silvia et le sentiment d’avoir mieux compris l’histoire de l’Uruguay, son peuple et son âme.