Nous repartons pour la ville de Tacuarembo, puis on prend la route direction « Valle Eden » pour aller dormir dans un petit camping dans la forêt. Malheureusement, il avait plu et le terrain était tout humide. On a dû fabriquer des poteaux électriques avec des branches pour que le fil de notre enrouleur ne trempe pas dans l’eau. Ce camping a une aire de jeux un peu délabrée. Le lendemain nous allons randonner en direction d’une cascade.
Nous reprenons la route et papa regarde le compteur, et surtout le niveau de carburant qui paraît faible pour la distance à parcourir, on se met a chercher une station service. La prochaine station n’est pas plus proche que 100Km. Nous passons devant une petite école rurale au bord de la route. Nous décidons de nous arrêter pour nous renseigner où nous pourrions trouver de l’essence. Une maîtresse nous dessine le Km 140, un pont et une maison et les enfants font des « si,si ! »pour dire « oui, oui, c’est ici! ». Nous arrivons à la maisonnette où nous y trouvons un vieux monsieur. On lui demande de l’essence mais il nous dit qu’il doit attendre la livraison demain midi on lui demande si on peut dormir ici et il nous dit « oui » alors nous dormons là. Le lendemain matin, nous partons faire une randonnée en attendant. Une fois rentrés, nous attendons avec impatience l’arrivée du camion. Nous regardons les heures passer :13h, 14h, 15h, on vois un 4×4 arriver dans la cour et en fait nous attendions un camion, mais non, on attend un jerrican d’essence! Ouf! On peut reprendre la route!
Nous nous sommes posés sur un petit parking et le voisin est venu nous voir. On pensait qu’il venait nous dire de partir, mais non ! Il est venu pour nous dire de ne pas s’approcher de l’eau car il pleut et l’eau risque de monter. Il nous a apporté une galette au céleri et au fromage préparée par sa femme. Elle était excellente et il nous a demandé de venir signer demain chez lui son livre d’or.
Après avoir déjeuner nous sommes aller voir si Paolo (le monsieur qui est venu nous voir) disait vrai . Je crois qu’il a bien fait de nous prévenir! L’eau de la rivière est montée de deux mètres! C’est énorme!
Hier il nous a dis que si le pont était inondé il y aurait un autre accès. Alors nous empruntons le deuxième chemin avec plein de flaques d’eau nous avons peur de ne pas passer à cause des embourbements. On y va quand même, on avance petit à petit, de plus en plus prudents, et aux bout de quelques mètres on s’arrête devant un énorme trou de 20 cm plein d’eau. On se dit que c’est mort et on se fait à l’idée que l’on va devoir attendre que le chemin soit plus stable. On essaie par tout les chemins possible mais on ne peut pas passer, et plus on essaie de bouger, plus on s’enfonce! Même avec les plaques de désembourbement, impossible de bouger.
Moi et maman nous allons chercher de l’aide au lycée à côté ou travaille Paolo. Sa collègue appelle le gaucho d’à côté, puis Paolo nous ramène au camion en 4×4. On attend le tracteur 20 minutes. Le tracteur arrive, il nous remorque mais nous ne passons pas à la sortie du chemin. Heureusement que le gaucho connaît un autre passage! Il nous remorque jusqu’à la route et on arrive a s’en sortir .
Merci a toute ces merveilleuses personnes qui se sont pliées en 4 pour nous .
Un grand camping municipal gratuit hors-saison au bord de l’eau. Il est merveilleux et apaisant. Le coucher de soleil est merveilleux. Il y a des grands barbecues et des tables pour l’apéro.
Nous avons posé le camion à côté d’une aire de jeux pour les enfants et les chiens des propriétaires viennent nous saluer. Ils sont adorables!!!
Bonjour, je m’appelle Agathe Lepeltier, j’ai 11 ans et avec ma famille nous partons un an en Amérique du sud à bord de notre camion Inkaiko et ensemble nous sommes la « family offroad ». Dans mes articles je vais parler des rencontres, de mes ressentis et de la beauté de ce monde.
Nous nous sommes rendus à Colonia, une vieille ville où les gens sont calmes et agréables. Quand tu croises les gens dans la rue tu les vois tous avec leur tasse de maté et leur thermos à la main. Un Monsieur nous a montré comment filer la laine de mouton pour faire des gorras.
Bonjour, je m’appelle Agathe Lepeltier, j’ai 11 ans et avec ma famille nous partons un an en Amérique du sud à bord de notre camion Inkaiko et ensemble nous sommes la « family offroad ». Dans mes articles je vais parler des rencontres, de mes ressentis et de la beauté de ce monde.
Après avoir récupéré le camion pile à l’heure, nous sommes allé à Paraizo Suizo, un merveilleux camping avec eau ,électricité, vidange et le plus important : de la place pour jouer.
RDV tous les soirs dans le bar où Sylvia la propriétaire des lieux invite ses hôtes à l’apéro pour discuter avec les autres voyageurs .
Après notre passage au bord du Rio Uruguay, nous décidons de partir vers le nord du pays, une région agricole, berceau de la culture gaucho. Nous faisons une halte aux thermes de Guaviyù. Cette sorte de piscine municipale à ciel ouvert, bien connue des locaux propose plusieurs bassins chauffés par des sources chaudes naturelles. Il y a une petite dizaine de bassins en tout, chauffés à des températures différentes. Nous y passons la nuit, ils ont un petit camping avec eau et électricité. Le lendemain, nous nous baignons dans une eau à 37°C…c’est super agréable, d’autant plus que nous sommes seuls (c’est lundi, tout les locaux sont au travail 😉 ! ).
En fin de journée, nous reprenons la route et décidons de tirer un peu plus loin que Paysandù, sur la route de Tacuarembo. Nous trouvons un spot sur Google Maps…le seul sur des dizaines de km le long de cette route du rien! Le spot est proche d’une rivière. Nous nous installons d’abord à l’entrée du pont en pierre qui permet de franchir la rivière. Agathe et moi traversons le pont à pieds et découvrons une clairière un peu en hauteur. Nous décidons de bouger le camion pour nous y installer…une vague intuition qui s’avèrera plutôt bonne!
Une heure plus tard, à la nuit tombée, nous avons la visite de Paolo dans son Kangoo. Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait du propriétaire des lieux qui venait nous dire que ce terrain était privé et que nous devions partir. Mais il n’en était rien. C’est un voisin, professeur dans le lycée agricole d’à côté, qui venait nous prévenir qu’il allait beaucoup pleuvoir et que nous ne devions pas rester au bord de l’eau (intuition correcte donc!!!). Il nous apporte en prime un plat préparé par sa femme, tout chaud, à peine sorti du four! Il nous demande de venir le lendemain à sa maison pour signer son livre d’or. Il a créé ce point sur Google Maps et aime voir des voyageurs s’y arrêter…même si nous sommes finalement assez peu nombreux à nous enfoncer au Nord de l’Uruguay. Il nous indique une piste que nous pourrons emprunter demain pour repartir si le pont n’était pas praticable.
Paolo avait raison, la nuit fut mouvementée! Une pluie diluvienne s’est abattue sur la plaine, jusqu’à midi environ. Nous en profitons pour rester au chaud et travailler un peu: Ecriture et lecture pour Gaspard, rédaction pour Agathe, Espagnol pour moi et MAO pour Sylvain… Vers midi, une accalmie nous permet de sortir. Nous allons voir s’il est possible de traverser par le pont. Paolo avait bien raison, la rivière est montée de 2 mètres! Si nous avions dormi là, le camion aurait été emporté par le courant!
Nous repartons donc par la piste indiquée la veille chez Paolo, avec l’intention de nous rendre chez lui pour remercier sa femme et signer leur livre d’or. Nous marchons quelques dizaines de mètres pour vérifier l’état de la piste. Cela a l’air de passer. Nous nous aventurons donc sur cette piste, qui n’est autre en réalité qu’un chemin herbeux emprunté par des tracteurs…transformé pendant la nuit en un marécage plus ou moins profond. Notre Inkaiko s’en sort plutôt bien, jusqu’à un passage vraiment profond. Nous étudions le terrain sous tous ses angles…ça ne passera pas! Nos options? Bien maigres! Demi tour: impossible – Marche arrière: très aventureuse! – Tenter le tout pour le tout : on ne sait jamais, sur un malentendu ça pourrait passer!
Nous décidons alors d’essayer de passer en dessinant un chemin un peu moins immergé que le reste de la piste. Cela fonctionne…sur 5 mètres!!! Comme nous l’imaginions, notre Inkaiko s’enfonce par l’avant. On sort les plaques de désensablement, cela fonctionne sur 1 mètre mais elles sont trop légères, le camion trop lourd, et la boue trop profonde. On ne s’en sortira pas seuls, il faut aller chercher de l’aide!
Agathe et moi partons donc à pieds vers le lycée agricole où travaille Paolo à 500 m de là. Je reconnais sa voiture sur le parking. Nous allons frapper à la porte. Paolo nous ouvre et je lui explique notre problème. Voici un nouveau mot que je viens d’apprendre en Espagnol: « enterrado! » Sa collègue appelle de suite le gaucho de la ferme voisine. Celui-ci va arriver avec un tracteur et nous remorquer. Paolo nous ramène en Pick-up jusqu’au camion, puis le tracteur arrive vingt minutes plus tard. Il nous tire de là sans encombre et nous ramène jusqu’à la route. Sans traîner, le gaucho repart à la ferme et nous salue.
Paolo nous conduit ensuite en pick-up jusqu’à chez lui, cette fois nous laissons le camion sur le bitume! Il s’excuse d’avance pour le désordre dans sa maison qui est en réalité un container qu’il a fait installer ici il y a un an, lorsqu’il a acheté ce terrain. Il a pour projet de construire une maison écologique et de créer un petit camping pour accueillir des voyageurs. Pour le moment il vit dans ces quelques 20m² avec sa femme Denise et son fils Octavio dans la plus grande simplicité. Denise nous accueille avec un grand sourire. Nous passons un petit moment avec eux, échangeons des photos grâce à notre appareil instantané et écrivons chacun des petits mots dans nos livres d’or respectifs. Denise me partage la recette du plat qu’elle nous a concocté hier soir et m’offre un collier réalisé par son amie. C’est un pendentif en résine dans lequel sont emprisonnées des pétales de fleurs de son jardin (j’en ferai mon porte-bonheur, elle y a mis tellement d’intention positive!). Denise semble très attachée à ce lieu et souhaite y faire de grandes choses. Elle offre également aux enfants un livre sur les animaux d’Uruguay. Octavio sort tous ses jouets pour partager un moment avec Gaspard qui, pour une fois, fait le timide. La barrière de la langue fait vraiment obstacle à sa spontanéité. Cette famille nous touche énormément. Ils ont si peu de choses et se montrent tellement généreux. Nous n’avons rien à leur offrir hormis cette photo instantanée de nous 7 et quelques « muchas gracias » qu’on ne cesse de répéter. Une belle leçon d’hospitalité et d’humanité! Nous nous quittons avec de grandes accolades et promettons d’un jour revenir séjourner dans leur camping!
Nous reprenons la route. Environ 150 km nous sépare de Tacuarembo, la prochaine ville. Notre réservoir nous indique 100km restants, il nous faut trouver une station service. Or, nous avons beau chercher sur Maps, aucune station avant Tacuarembo! Nous entrons en réserve en nous demandant comment faire, sans pour autant céder à la panique. Un étrange sentiment de confiance m’anime, comme l’intuition que nous allons trouver une solution. Il n’y a rien ici: pas un village, pas âme qui vive… A un carrefour, nous passons devant une école dans laquelle il semble y avoir du monde. Je descend pour demander où je peux trouver un peu de gasoil. Une enseignante me propose d’entrer. A l’intérieur, une dizaine d’enfants de tout âge, réunis autour d’une unique table près d’un feu de cheminée. Ici les enfants se font rares. C’est l’exode rural. Certaines école (escuela rural) ne comptent que 3 ou 4 élèves. L’enseignante m’indique une maison, 20km en arrière, au km 141, qui vend de l’essence. Nous rebroussons donc chemin. Il doit nous rester de quoi parcourir 30km à tout casser dans le réservoir.
Nous arrivons à la maison indiquée. C’est une grande construction en tôle sur laquelle un écriteau affiche « cerrado » (fermé). Nous nous garons un peu plus haut et un monsieur âgé vient à notre rencontre. Il parle un espagnol très local, flanqué d’un accent incompréhensible! Nous peinons à nous comprendre. En gros, nous comprenons qu’il n’a plus de carburant pour le moment mais qu’il sera livré le lendemain vers midi. Nous demandons donc à passer la nuit ici. Il accepte volontiers….nous sommes sauvés! Nous nous garons un peu plus haut, sur une surface plane et passons le reste de la journée à jouer aux jeux de société.
La nuit suivante est très venteuse, le camion est fréquemment secoué par les bourrasques. Ici, il n’y a rien pour arrêter le vent. Nous sommes au milieu d’une plaine gigantesque et aride, balayée par le vent. Nous apercevons au loin quelques estancias distantes les unes des autres de plusieurs kilomètres. Les prairies ici sont énormes, bien plus étendues que nos champs normands. Il y a bien plus de vaches, de chevaux, de moutons et d’oiseaux que d’humains dans ces contrées reculées.
Le lendemain, nous profitons de l’attente pour travailler à nouveau notre espagnol. Gaspard s’adonne à son travail scolaire, Agathe continue à écrire ses articles…nous vivons doucement en vaquant chacun à nos occupations. Le monsieur, peu bavard, me confirme que le Gasoil va arriver aujourd’hui. L’heure passe. Nous partons en balade le long du chemin au bord duquel nous sommes garés. Il mène à une estancia quelques kilomètres plus loin. Nous prenons la mesure de l’immensité de ces territoires. La plaine s’étend à perte de vue, sans aucun obstacle à l’horizon. Pas une colline, pas une construction, que des champs d’herbe sèche bordées de clôtures où paissent paisiblement les animaux.
Nous rentrons au camion, préparons un maté et attendons patiemment cette livraison de carburant qui semble ne jamais arriver.
Enfin, vers 15h30, une pick-up apparaît sur la route et entre dans le chemin. Nous attendions un camion citerne…ce n’est en réalité qu’un coupe de cinquantenaires qui rentre de la ville, le pick-up chargé de provisions. Il s’avère que ce sont les propriétaires du barraquement en tôle et qu’à l’intérieur se trouve…une épicerie! La femme accroche le panneau « abierto » sur la porte. Je vais à leur rencontre et pénètre dans l’épicerie. C’est une sorte de foire à tout: nourriture, vêtements, cigarettes, pain et tout un tas de bric à broc qui pourrait être utile aux locaux dans l’urgence. Nous expliquons notre problème de carburant. L’homme est déjà au courant, le vieux monsieur l’ayant prévenu par téléphone. Nous en profitons pour acheter deux bières, des cigarettes et un peu de pain. L’homme nous dépanne 20 litres de diesel et nous préviens de toujours faire le plein avant de quitter une ville.
Nous le remercions vivement et reprenons la route vers Tacuarembo.
Pendant ces deux jours, la pampa nous aura mis à l’épreuve. Nous commençons à prendre la mesure des distances sur ce continent et à comprendre ce que veut réellement dire « in the middle of nowhere »! Ici la vie est rude, les éléments ne font pas de cadeau aux habitants en cette saison hivernale. Nous nous disons que vivre ici relève tout de même du défi!
Pendant ces deux jours nous aurons appris, pendant ces deux jours nous aurons voyagé…