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Colonia et sa région

Après ces 3 jours de repos et de préparation, nous voilà fin prêts pour commencer notre aventure. Nous quittons le petit cocon rassurant de Sylvia avec tout de même un peu d’appréhension car cette fois, nous nous jetons vraiment dans le grand bain!

Nous nous dirigeons donc vers Colonia del Sacramento, à l’ouest du pays, petite ville coloniale réputée pour sa tranquillité, ses rues pavées et ses maison colorées. C’est en effet une jolie petite bourgade touristique où il fait bon vivre. Les passants se promènent le long de la rambla, sirotant un maté, thermos sous le bras. Ici plus qu’ailleurs, on peut sentir la « coolattitude » des Urugayens.

Colonia mérite d’y passer une petite journée (repas du midi compris) pour profiter de la vieille ville mais aussi de sa longue rambla le long de l’embouchure du Rio Uruguay.

En face, l’Argentine. Des touristes de Buenos Aires traversent l’embouchure en bateau pour venir passer la journée ici. La traversée dure une heure seulement.

Après une balade dans la vieille ville, nous allons poser Inkaiko un peu plus loin, au bord de la plage pour passer la nuit. On se sent vraiment en sécurité ici, les habitants sont adorables et bienveillants. C’est sans crainte que nous dormons à poings fermés dans un parc le long de la rambla.

Nous décidons de repartir le lendemain matin en direction de Paysandù, en longeant le Rio Uruguay. Nous ferons escale au bord du fleuve pour profiter (enfin) d’être en pleine nature. Nous trouvons un lieu magnifique, un camping municipal, gratuit hors saison mais qui offre tout de même eau et électricité. Nous sommes quasiment seuls, il y a un petit van à 100mètres et un papa et son fils avec leur voiture et une tente plus loin, près de l’entrée.

Il y a des dizaines de Barbecues disséminés sous les pins. Ceci est très fréquent en Uruguay où l’Asado (viande grillée) est une institution! Les Uruguayens sont des férus d’activités de plein air et passent leur temps dehors à marcher, pêcher, faire du sport ou simplement se réunir dans les parcs autour d’un barbecue pour la journée.

Nous ferons alors notre premier Asado du voyage…au feu de bois s’il vous plaît! La viande est excellente et très peu chère en Uruguay…ce qui fait le bonheur de Sylvain et d’Agathe qui sont de véritables carnivores! Nous buvons l’apéritif devant un coucher de soleil spectaculaire sur le Rio Uruguay avec l’Argentine comme horizon, en pensant que dans quelques semaines nous serons nous aussi de l’autre côté. Nous passons une excellente soirée au coin du feu, comme on les aime, seuls au monde.

Paraiso Suizo…quelques jours au calme pour nous acclimater et nous organiser

A la sortie du port, nous nous sommes dirigés vers ce petit écrin de verdure en bordure de l’océan tenu par Sylvia, une Suisse qui accueille les voyageurs qui reviennent du port de Montevidéo ou ceux qui repartent. C’est une super adresse!

Sylvia vous accueille comme ses invités, vous pouvez y trouver une bouteille de gaz, remplir le réservoir d’eau, brancher l’électricité. En prime, des sanitaires très propres, un four à pain, un barbecue, un espace pour la vaisselle… et chaque soir un apéro organisé avec tous les voyageurs présents!

Nous sommes aussitôt accueillis par Christophe et Monica, un couple austrio-germanique qui roule en Unimog et qui vit dans son camion à l’année! Des gens adorables!

Nous passerons 3 jours et 4 nuits ici, le temps d’organiser le camion, de faire des courses, de mettre en route la Starlink et le Blog. Les enfants apprécient, nous sommes loin de l’effervescence de Montevideo, ils peuvent jouer librement dans le terrain et faire du vélo en toute sécurité!

La plage est à 50m, une magnifique étendue de sable blanc et fin qui s’étire à perte de vue, surmontée de hautes dunes grignotées par l’océan. Le vent d’Ouest est fort. Ici c’est encore l’hiver et les éléments sont encore déchaînés. La balade le long du littoral est vivifiante. On imagine notre continent, là-bas, de l’autre côté de l’Océan et on prend doucement la mesure de ce qu’on est en train de vivre.

Ces 4 jours chez Sylvia nous ont permis d’atterrir…dans tous les sens du terme et de nous caler sur un nouveau rythme…au ralenti. Je croyais que cela prendrait plus de temps, mais finalement nous apprécions très rapidement de ne rien faire…le fait d’avoir un an devant nous change complètement notre vision des choses! Il n’y a plus rien d’urgent, d’impératif. L’efficacité est le dernier de nos soucis…nous faisons les choses parce qu’on en a envie et on arrête quand on en a marre. Nous sommes au ralenti dans cette roue du temps qui continue à défiler rapidement et qu’importe!

Ce que nous retiendrons de cet arrêt chez Sylvia c’est cela : nous avons appris à ralentir!

Arrivée au Brésil

Nous passons une dernière nuit à une vingtaine de kilomètres de la frontière brésilienne pour finir les produits frais qu’il nous reste dans le frigo, la loi brésilienne interdisant toute entrée de produits périssables venant d’un autre pays.

Le matin du 31 août, nous nous dirigeons donc vers Chuy pour passer au Brésil. Les formalités ne prennent pas de temps. Il n’y a personne au poste frontière côté Uruguay. Nous devons d’abord faire valider notre sortie de territoire et faire tamponner le TIP d’Inkaiko pour justifier que le véhicule est bien sorti du pays. Cela prend un petit quart d’heure.

Nous prenons ensuite un peu de temps dans Chuy pour acheter des cartes prépayées brésiliennes pour nos téléphones dans une pharmacie (eh oui, au Brésil c’est le pharmacien qui vend les cartes de téléphone!). Ils se mettent à trois pour nous expliquer tant bien que mal qu’il nous faut un « CPF » pour valider notre numéro. Nous comprenons que c’est à la douane brésilienne que nous devons avoir ce CPF, pensant qu’il s’agit d’un numéro qu’on obtient systématiquement lors de la pose du tampon sur notre passeport. Nous prenons tout de même les cartes sim en nous disant que nous les activerons après le poste frontière. Nous nous arrêtons ensuite dans un supermarché pour faire quelques courses. Les prix n’ont rien à voir avec ceux de l’Uruguay, on est plutôt 20 à 30% moins chers qu’en France. De nombreux Uruguayens se rendent d’ailleurs régulièrement à la frontière pour faire le plein de vivres à des prix abordables.

Une fois le plein de courses effectué, nous nous arrêtons au poste frontière brésilien. Là encore, le passage est une formalité très rapide. Le camion n’a pas besoin de papier car le Brésil a une frontière commune avec la France (la Guyane). Finalement, personne ne nous demandera si nous transportons des vivres périssables. La grande fréquentation de cette frontière par les Uruguayens qui viennent remplir leurs frigos finit par rendre les douaniers plus laxistes…ce qui nous arrange bien! les douaniers très sympathiques nous souhaitent un bon voyage et continuent à visionner leur film en noir et blanc sur leur écran d’ordinateur…

Une fois la frontière passée, j’essaie d’activer ma carte SIM…quelle histoire! Je ne comprends absolument rien, on me demande mon DDD, mon CPF…tout cela en portugais brésilien! Nous comprenons mieux pourquoi le pharmacien insistait pour nous dire de demander ce numéro à la frontière! Je lis dans le guide du Routard que l’activation d’une carte SIM au Brésil relève du parcours du combattant et que le mieux est de demander à un ami brésilien de vous prêter son CPF (décidément, ce numéro a l’air d’être un véritable sésame ici!!!) sans quoi il faudra passer dans une poste locale pour effectuer diverses démarches administratives afin d’avoir notre propre numéro qui semble servir de numéro d’identification fiscale. Nous nous disons que nous ferons ces démarches demain (n’ayant pas d’ami brésilien sous le coude!).

Nous roulons jusqu’à Cassino, une petite ville balnéaire au Sud de Porto Alegre où nous souhaitons nous poser quelques jours. Nous nous installons dans un camping très bien équipé, tenu par un quarantenaire très sympathique. Je lui parle de mon problème de carte SIM et le pauvre homme, que la bonté perdra, me propose de m’aider. Il passera plus d’une heure à activer ma carte, scanner sa pièce d’identité contenant le fameux « CPF », trouver le bon indicatif (il y en a un pour le Brésil et un différent pour chaque état), et recommencera l’opération pour celle de Sylvain! Il me dit qu’au Brésil, ils ont l’art et la manière de compliquer les choses! En tout cas il est clair que sans son aide je n’y serai jamais arrivée! Je m’excuse mille fois pour avoir abusé de son temps…je ne croyais pas si bien dire, en un clin d’oeil la nuit est tombée! Je crois que lui non plus n’avais pas mesuré le temps qu’il y avait passé! Se rendant tout à coup compte de l’heure, il part précipitamment en me disant poliment qu’il habite la maison qui jouxte le terrain de camping et qu’on peut l’appeler en cas de besoin (mais je crois qu’il croisait fort les doigts pour que nous ne l’interpellions plus!).

Jusqu’ici nous avons beaucoup de chance, nous croisons les bonnes personnes au bon moment et ce qui pourrait se transformer en petit tracas reste finalement une formalité. Cela a été le cas pour le gaz avec Sylvia, pour notre enlisement avec Paolo et pour cette carte Sim avec ce propriétaire de camping! Le soir venu, je remercie en silence cette bonne étoile qui semble veiller sur nous depuis que nous sommes partis en espérant qu’elle continue à nous accompagner jusqu’à la fin de ce voyage et plus encore!!!

Arrivée à Montevideo

Après un long voyage de plus de 24h, 3 escales et quelques heures de sommeil entrecoupé, nous atterrissons à Montevideo. Un taxi nous emmène jusqu’à l’appartement que nous avons réservé pour 3 nuits en attendant le camion. La personne qui nous ouvre l’appartement arrive juste 5 min après nous. Il fait froid dehors (11°C) et la température à l’intérieur de l’appartement est à peu près similaire! Apparemment les Uruguayens ne craignent pas le froid…les fenêtres sont toujours grandes ouvertes dans les maisons, même en hiver! La femme de ménage nous montre rapidement l’appartement, ses équipements (très sommaires!), dans un espagnol rapide et incompréhensible!!!

Nous sommes fatigués, un peu déboussolés par le décalage horaire, mais heureux d’être là, tous les 4, à l’aube de notre aventure. Gaspard s’effondre sur un lit pour quelques heures et pendant ce temps là, Agathe et moi partons faire un tour dans les rues voisines pour faire du change à un taux intéressant, acheter des cartes de téléphone et quelques vivres pour manger. Ici personne ne parle anglais, même dans les bureaux de change, je comprends vite qu’il va falloir progresser en Espagnol rapidement! Mais les gens sont extrêmement gentils, ils s’expriment doucement pour me permettre de comprendre et finalement on s’en sort plutôt bien. Nous finissons cette journée par un petit tour dans les environs: nous longeons l’immense port dans l’espoir d’apercevoir le camion sans succès, puis allons voir la plage. Le vent est glacial, la nuit tombe tôt (18h) et nous rentrons manger. Le sommeil nous gagne très tôt, il est 20h ici mais déjà 1h du matin en France…la journée a été très longue!