Petit article sur ces quelques jours passés à Villa San Augustin, village touristique de la province de St Juan, où il fait vraiment bon vivre. Les températures à cette saison sont idéales, il n’y a ni vent, ni moustiques, ni poussière, des conditions parfaites pour nous reposer après ces quelques jours de haute montagne dans la Puna.
C’est une étape importante de notre voyage, une sorte de pèlerinage sur les trace de notre ami Erwanig (dit « Kiké » en Agentine), qui a passé plusieurs semaines ici il y a plus de douze ans, lors d’un voyage au long court autour du monde. Ce village est resté cher à son coeur ainsi que les gens qu’il y a rencontrés et nous sommes curieux de découvrir ce lieu et ses habitants.
Lorsque nous arrivons, nous nous présentons à Estela, patronne d’un camping dans lequel notre ami avait travaillé plusieurs semaines en tant que guide pour les balades à cheval. Estela se remémore immédiatement Kiké. Elle nous invite à sa table et nous raconte quelques anecdotes. Cela semble lui faire très plaisir de nous recevoir, elle nous dit que c’est un peu comme avoir de la visite de la famille! Agathe et Gaspard se sentent immédiatement très bien ici, la portée de trois petits chaton y étant pour quelque chose! Nous nous sentons immédiatement chez nous et décidons de rester camper ici quelques jours.
Nous profiterons de ce temps de pause pour faire laver notre linge, aller faire de l’escalade sur le site tout récent qui se trouve à 500 mètres du camping, monter à cheval avec Don Pedro, faire un peu de vélo dans la Valle Fertil et même reprendre un peu l’aquarelle! Nous prenons le temps de vivre et c’est très agréable!
Nous rencontrons aussi Griselda, une autre amie de Kiké qui a ouvert un petit hôtel non loin du camping. Elle nous reçoit elle aussi à bras ouvert, comme si nous étions de la famille. Nous partageons de supers moments d’échange autour d’un maté. Griselda nous invite à manger le lendemain midi. Elle prépare une tarte, je me charge de la picadilla (apéritif) et du vin. Nous passons trois bonnes heures à bavarder de tout et de rien, un moment très agréable.
Petite anecdote: le dernier soir, nous faisons un asado improvisé pour cuire un « chivito » que j’ai moi-même malencontreusement commandé! Voilà ce qui arrive lorsque tu comprends de manière approximative l’espagnol! Lors d’une balade à cheval, Pedro, le mari d’Estela, me parle de chivito et me dit que celui du village est le meilleur de la planète. Pour moi, à ce moment-là, un chivito est une spécialité uruguayenne: un sandwich avec une tranche fine de boeuf! Je lui dis bien sûr que j’aimerai le goûter… Ni une, ni deux, Estela viens me voir le jour-même pour me proposer d’en acheter pour moi car elle doit de toute façon se rendre au magasin qui les prépare. Je comprends tout de même à ce moment-là, qu’il s’agit plutôt d’un morceau de viande assez gros et non d’un sandwich. Je comprends également qu’il s’agit de viande de cabri… Estela me parle d’une cuisson au four…je pense à un rôti!!! Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, à peine rentrée de notre séance d’escalade, Estela approche, toute fière, avec son chivito dans les mains!!! Elle tenait un cabri entier, par les deux pattes arrière, prêt à être cuisiné! A ce moment-là, je crois que ma première sensation fut le dégoût…ce petit être qu’on a pelé puis coupé en deux et vidé pour être cruellement mangé par des méchants humains!!! Puis, polie comme je suis, j’ai affiché mon plus grand sourire, prête à me lancer dans ce nouveau défi! Estela m’a beaucoup aidée et guidée, elle s’est occupé d’aller chercher le bois, nous a montré comment gérer la cuisson…elle y a pris beaucoup de plaisir et nous avons passé un excellent moment! Nous avons refait le monde en dégustant cet excellent chivito (et oui, il faut l’avouer, je crois que Don Pedro avait raison, le Chivito de San Augustin est le meilleur de la planète!) accompagné d’une bonne bouteille de vin. Estela en a profité pour me raconter quelques cancans du village…croustillant! Ce moment restera pour moi un excellent souvenir dans ce voyage et un moment de partage authentique avec une belle personne…comme quoi, la nourriture et la cuisine sont vraiment un langage universel et les meilleurs prétextes à la convivialité!
Nous quittons la petite bourgade de San Augustin requinqués et nous dirigeons vers la région de Cordoba.














