Ce matin, nous partons visiter le village de Cabo Polonio, dans un parc national protégé qui abrite une des plus grande colonie de « lobos » d’Amérique du Sud.
C’est un village de pêcheur, non alimenté en eau ni en électricité, que l’on ne peut atteindre qu’à pieds par une balade de 7 km ou en prenant le seul transport autorisé à se rendre sur les lieux: un camion 4×4 qui fait 6 allers-retours par jour. Nous choisissons évidemment le camion qui fait très envie aux enfants!
Après une vingtaine de minutes de voyage à travers les dunes, nos corps balancés de droite à gauche, d’avant en arrière à chaque tour de roue du fameux « camion-tracteur » et nos poumons remplis de vapeurs de pot d’échappement, nous débarquons à Cabo Polonio. Ce charmant petit village encore authentique a séduit un bon nombre de hippies qui se sont installés là, coupés de tout, et ont ouvert de petites échoppes pour les touristes, toutes orientées « bien-être »… Ici on trouve des space cake ou des magic cookies à tous les coins de rue, des massages ayurvédiques, des soins énergétiques en tout genre, des porte encens, des fringues en coton bio, des bars à jus, des restaurants végans…tout cela dans de petites cabanes colorées ornées de pancartes sur lesquelles sont peintes en lettres de couleur, de jolies expressions qui te disent de kiffer la vie! C’est aussi un des seuls endroit d’Uruguay où je verrai des containers pour le tri des déchets et du compost! Inutile donc de vous dire que j’adore cet endroit!!!
Après cette ruelle principale, des petites maisons individuelles parsemées sur la presqu’île, finissent le décor. Les cabanes de pêcheurs au confort rudimentaire font place peu à peu à de petites maisons, toutes plus mignonnes et originales les unes que les autres, équipées de panneaux solaires, de sanitaires, voire de spa! Beaucoup en ont fait des locations d’été ou des chambres d’hôtes. On imagine bien l’ambiance qui doit régner ici en été où quelques dizaines de privilégiés viennent profiter des magnifiques plages qui entourent le phare, de la forêt de pin qui protège cette « île » du surtourisme. Aujourd’hui c’est l’hiver, le village est désert, beaucoup d’échoppes sont fermées, cela donne à ce lieu un véritable air de hameau du bout du monde, livré aux éléments, où le vie se déroule au ralenti.
Tout au bout du village, derrière le phare, nous découvrons un lieu qui lui, est plein de vie. Des centaines d’âmes se prélassent sur les rochers rosés, chantant bruyamment sans se soucier de gêner la sieste du voisin. Il s’agit d’une grande concentration d’otaries et de lions de mer qui eux aussi, ont élu domicile ici. Lorsqu’on les observe, se prélassant de la sorte, se déplaçant avec nonchalance sur leur rocher, on pourrait les comparer à une communauté hippie qui aime se la couler douce dans un endroit tranquille! Seuls les petits semblent un peu excités. Certains barbotent dans l’océan agité, plongeant entre les rochers frappés par les vagues sous le regard peu affolé de leurs maman fatiguées, d’autres s’amusent à échapper au regard de leur mère et à se faufiler entre les rochers pour aller voir ce qu’il se passe plus loin… Nous passons un bon moment à observer ce spectacle très divertissant de tout ce petit monde que rien ne semble pouvoir perturber dans cette routine de farniente perpétuel!
Après quelques heures dans ce petit bout du monde, nous rentrons (cette fois à l’étage loin du pot d’échappement) dans notre autobus bien spécial pour le plus grand bonheur des enfants qui s’éclatent à se faire balloter dans tous les sens !
Notre prochaine destination est le parc naturel de Minas, repéré sur une application d’escalade comme étant le seul spot d’escalade sportive de l’Uruguay. Il s’agit de Falaises d’une cinquantaine de mètres surplombant une forêts de feuillus endémiques. Nous nous stationnons sur un petit parking herbeux au bord d’une piste, en face du chemin de départ de randonnées. Le parking est interdit la nuit d’après l’écriteau. Je contacte le garde forestier responsable du site (son numéro est indiqué sur les pancartes) et lui demande si nous pouvons grimper le lendemain et passer la nuit ici. Il m’envoie un message automatique me disant qu’il est en réunion et qu’il me rappelle après…j’attends toujours! Puisque qui ne dit rien consent, nous décidons de passer la nuit ici. Nous sommes en basse saison, l’endroit et désert et je crois que cela lui importe peu qu’on reste là. Nous passons le début de soirée à jongler, les enfants nous préparent leur énième spectacle depuis le début du voyage…je dois dire que la prestation devient qualitative au fur et à mesure des représentations!
Le lendemain matin, nous prenons le matériel d’escalade, enfouissons le pique-nique et les gourdes dans le sac à dos, et n’oublions pas les jumelles et la boussole. Nous partons sur le sentier de randonnée menant au sommet, dans l’idée de rejoindre le haut des voies d’escalade et de les descendre en rappel avant de grimper sur couenne (le départ des voies n’étant pas accessible puisqu’il se trouve dans la propriété du garde forestier qui est fermée). Vingt minutes plus tard, nous sommes au sommet. La vue est superbe! Ce promontoire rocheux surplombe la campagne et les arbres semblent comme accrochés à la paroi. Nous suivons d’abord le sentier, puis voyant que nous redescendons, nous décidons de couper vers la gauche, à travers la dense végétation, là où semblent se dessiner des sentiers, peut-être tracés par des humains…ou par des animaux. Nous essayons d’atteindre les voies mais à chaque fois que nous choisissons un sentier, celui-ci finit par disparaître au profit d’une végétation trop dense pour continuer à progresser. Nous arrivons dans un espace dénué d’arbres et parsemé d’une dizaine de rochers de 2 à 5 mètres de haut qui ravivent notre envie de grimper. Nous posons nos sacs et commençons à escalader ces rochers qui nous offrent un joli espace de bloc! Il y en a pour tous les niveaux, chacun y trouve son compte. Nous pique-niquons dans cet endroit puis essayons de trouver le fameux spot d’escalade. Au bout d’une bonne heure de recherche, nous finissons pas laisser tomber et décidons de repartir. Notre petite séance de bloc nous aura tout de même consolés et la randonnée avec les enfants était très agréable.
Nous rejoignons sans difficulté le sommet et retrouvons le premier foulard bleu qui indique le chemin du retour. Oui, mais voilà…impossible de retrouver la sortie! Nous tournons en rond, essayons différents sentiers…aucun ne débouche sur notre chemin de retour. Tout se ressemble, impossible de repérer d’où nous sommes arrivés ce matin! Après une bonne heure à chercher, nous revenons à la balise bleue. Sylvain essaye un énième sentier…cette fois c’est le bon! Nous redescendons sans encombre au camion et quittons Minas sans jamais avoir trouvé ce fameux site d’escalade mais en ayant tout de même découvert un joli site de bloc non référencé!
Après Notre séjour dans la Vallée de Lunajero, nous décidons de rejoindre la côte. Sept heures de route nous séparent de l’océan, nous choisissons de couper le trajet afin de ne pas rouler trop longtemps et d’arriver en milieu d’après-midi sur notre bivouac pour profiter du lieu.
Après deux heures trente de route que nous avons valorisées en deux heures d’école, nous arrivons à San Gregorio de Polanco, une petite ville tranquille au bord du lac artificiel Ricon Del Bonete, créé en 1945 suite à la construction du barrage Gabriel Terra et de la plus grande centrale électrique d’Amérique du Sud à l’époque. De belles plages de sable fin bordent le lac et en font une destination touristique très prisée des Uruguayens.
Nous sommes en hiver, la plage est donc presque déserte. Seules quelques familles viennent s’y promener en ce jour férié de commémoration de l’Indépendance du pays (25 août 1825). Nous profitons de la plage avec les enfants, on joue au foot, on sort le matériel de jonglage, on profite de la douceur de l’air et de cette fin de journée jusqu’au coucher du soleil qui, soit dit en passant est très beau! Nous apprécions encore une fois ces moments simples dans une nature magnifique! Je ressens à ce moment-là beaucoup de gratitude pour ces instants précieux qui nous sont offerts.
La soleil couché, nous déplaçons le camion de quelques centaines de mètres, sur l’autre rive, près d’un barbecue public, d’une table et d’un point d’eau. Une trentaine de minutes plus tard, nous voyons arriver un berger allemand (ou en tout cas un chien qui y ressemble beaucoup) rencontré sur la plage cet après-midi. Il a réussi à nous retrouver malgré les 500mètres qui nous séparent de la plage! Ici, il y a beaucoup de chiens errants, tous très gentils. Celui-ci semble être l’un d’eux. Il élit domicile devant notre camion et y passera la nuit, aboyant au moindre intrus qui s’approche! Ce chien qu’on ne connaît ni d’Êve ni d’Adam a décidé d’être notre ange gardien pour la nuit, juste par bonté, sans rien attendre en retour. Dans ce pays, même les chiens sont à l’image des habitants : généreux et bienveillants!
Nous passons une très bonne soirée autour de ce barbecue, à chanter, rire et danser.
La nuit ne sera malheureusement pas aussi agréable…ce sont surtout les moustiques qui ont chanté, rit et sucé (notre sang!) en nous narguant de leur petit sifflement strident dans nos oreilles à chaque fois que nous commencions à sombrer dans le sommeil, tels des tortionnaires avec leurs prisonniers! Nous avons joué à la chasse aux moustiques mais ils étaient plus forts et plus nombreux! Au réveil…nous nous sommes tous fait dévorer! Toutes les parties du corps qui dépassaient de la couette y sont passées! Heureusement, nous quittons le bord du lac ce matin vers la côte où il n’y a pas de moustiques à cette époque.
Après nos péripéties d’embourbement et de manque de carburant, nous gagnons la région de Tacuarembo, au Nord du pays. Nous faisons halte sur un petit terrain de camping (lui aussi ouvert et gratuit pendant l’hiver) et une fois n’est pas coutume, nous sommes seuls. Il y a une petite épicerie en face devant laquelle une pancarte indique « miel ».
Je vais donc discuter avec ce petit monsieur, coiffé d’un béret (que nous reverrons bien des fois dans cette partie du pays), qui observe ses veaux, vaches, brebis, chevaux, dans le champ juxtant sa boutique. Je me heurte à l’accent d’ici, très marqué! Tous les « lle, ye » se transforment en « che », les consonnes qui terminent les mots disparaissent…bref, un nouveau challenge pour la débutante en espagnol que je suis! Pour autant, je ne coupe pas la conversation et essaie de me débrouiller comme je peux. Je crois que cela l’amuse beaucoup! Nous lui achetons du miel et deux ou trois autres produits (encore trop chers, j’en parlerai dans un autre article) et rentrons au camion.
Le lendemain, nous nous dirigeons par la piste au coeur de ce que les locaux appellent la « Valle Eden » (dire « baché-den »). Paolo nous a indiqué une cascade cachée au milieu de la pampa, non loin de la piste qui relie Tembores. Nous prenons le camion afin de limiter la distance à parcourir à pieds car nous aimerions arriver de jour dans la vallé de Lunajero, notre prochaine étape. Mais cela était sans compter sur les rivières à traverser et les ponts encore une fois submergés. A bien y réfléchir, on est certains que le camion pouvait passer: le niveau d’eau n’était pas si haut et le courant faible. Mais étant donné nos mésaventures des jours précédents, on a décidé de se garer et de finir à pieds. Les 3 km se sont donc transformés en 13km au milieu des champs…mais c’était un régal!
La cascade serait introuvable si on ne nous l’avait pas indiquée. De la piste, on ne peut absolument pas deviner qu’un canyon somme toute assez profond se dessine quelques centaines de mètres plus bas. Le seul indice, que nous avons repéré déjà plusieurs fois, c’est l’alignée d’arbres qui semble tracer un chemin sinueux à travers la pampa. En effet, à chaque fois que nous avons vu ces bosquets sinueux, il y avait une rivière au pied. Nous nous arrêtons devant une clôture derrière laquelle un sentier semble mener vers la fameuse cascade. Nous hésitons puis décidons de franchir la clôture et de suivre le chemin. Les enfants ne sont pas rassurés, pénétrer dans des lieux fermés par des clôtures ne fait pas partie de leurs habitudes, ils ont l’impression de faire une bêtise, ou pire, d’aller vers quelque chose de dangereux…
Finalement, au bout d’un petit kilomètre, nous arrivons à la cascade…du mauvais côté! Il nous faut encore franchir la rivière qui est encore haute à cette saison. Alors nous enlevons nos chaussures pour la troisième fois de la balade et traversons. Cette petite randonnée a des allures d’aventure pour les enfants, c’est vraiment drôle!
Une fois devant la cascade, quel spectacle! Une chute d’une dizaine de mètres dans un bassin circulaire qu’on imagine bien servir de piscine naturelle aux locaux pendant l’été.
Il est 13h30, nous n’avons bien évidemment pas pris le pique-nique, pensant faire « un petit tour » mais j’ai quelques Alfajores (gros sablés à la maïzena et au Dulce de Leche, spécialité d’ici). Nous les dégustons avant de repartir et rentrons assez rapidement au camion pour grignoter un peu avant de repartir.
Valle de Lunajero
Après avoir fait le plein d’essence (réservoir + deux bidons) et de courses à Tacuerembo, nous reprenons la route vers la Vallé de Lunajero, 1h30 plus au Nord, à une trentaine de kilomètres de la frontière brésilienne. Nous n’avions pas envisagé aller dans cette région mais nous avons suivi les conseils de Paolo qui nous avait vanté ce lieu. A cause de notre longue randonnée, nous arrivons de nuit. La vallée est parcourue de pistes et il n’est vraiment pas évident d’évoluer là-dessus en pleine nuit. Il est difficile d’appréhender le terrain, les trous, les bosses…et les flaques! Nous décidons donc de dormir non loin de l’entrée de la vallée et de rejoindre notre point de chute le lendemain. Nous roulons jusqu’au bord de l’Arroyo Lunajero où nous nous arrêtons. Mais une fois de plus, notre intuition nous dit de remonter plus haut. On annonce encore de l’orage cette nuit et nous sommes au bord de l’eau…pas idéal! Nous nous installons donc plus haut, au bord de la piste.
Au réveil, après une nuit de pluies diluviennes, nous retournons voir le bord de rivière…elle n’a pas vraiment montée, mais nous ne regrettons tout de même pas notre décision de la veille.
Nous nous rendons donc à « Miradores del Valle », une petite ferme qui accueille des voyageurs. Nous mettons 1h à parcourir les 14km de piste qui nous séparent de cette ferme, très reculée dans la vallée. Le paysage est magnifique, la piste bordée de fermes authentiques, de chevaux par centaines, de brebis, de vaches et autour se dessinent des collines verdoyantes. Nous sentons déjà que nous nous sentirons bien ici.
Nous sommes accueillis par Silvia et David, un couple de quinquagénaires très gentils qui nous expliquent que c’est leur fille qui gère la petite activité touristique. Ils nous installent dans l’espace prévu pour nous, un petit jardin avec un charmant barraquement en bois dans lequel ils ont créé deux chambres, deux cuisines et deux salles de bain. Il y a également une petite terrasse couverte et un barbecue. A peine posé le pied dans cette ferme, nous nous y sentons comme chez nous! David est très locace, il ne rate pas une occasion pour venir discuter avec nous! Il parle doucement, mélange l’espagnol et l’anglais, utilise ses mains et multiplie les mimiques sur son visage…une véritable pièce de théâtre! Avec lui, nous progresserons à toute vitesse en Espagnol!
Nous décidons de rester ici quelques jours pour nous poser un peu, laver le linge et profiter des balades que leur fille propose. Nous passons l’après-midi à enchaîner les machines à laver (notre petite machine ne lave que 2kg à chaque fois et nécessite deux rincages…c’est fastidieux!) et à compléter le site internet.
Le lendemain matin, nous devions faire une balade à cheval mais Nathalie, la fille de David et Silvia souffre d’une indigestion et reporte à l’après-midi. Puisque nous sommes levés et prêts, nous en profitons pour assister au nourrissage des animaux de la ferme. Les enfants apprécient beaucoup ce moment.
David nous raconte comment leur fille Paola a sauvé sa jument lorsqu’elle avait 11 ou 12 ans. La jument venait de mettre bas mais elle ne laissait pas David récupérer le placenta. Elle était en train de faire hémorragie et allait mourir. David fit prévenir sa fille qui était au Collège. Celle-ci a quitté son cours et est rentrée en vitesse à la ferme. Elle s’est couchée sur sa jument et lui a parlé, elle a versé ses larmes sur elle. La jument aurait pleuré elle aussi. Puis, tout à coup, la jument s’est relevée, Paola a réussi à l’accompagner jusqu’à la mangeoire et la jument a commencé à s’alimenter. David a pu retirer le placenta et la jument a survécu. C’est à ce moment-là qu’ils ont découvert le don de Paola : « horse whisperer ». Elle en fait aujourd’hui son métier, a gagné des concours de dressage et cloue le bec de bien des voisins qui n’arrivent pas à tirer quoique ce soit de leur bourrin, en leur faisant faire ce qu’elle veut…
Cette belle histoire m’a beaucoup émue et la théâtralisation dont fait preuve David n’y est pas pour rien! Il nous a raconté beaucoup d’histoires en quelques jours: la bataille entre les colons et les indiens autochtones sur le promontoire rocheux situé plus haut, sur ses terres ; sa jeunesse, les virées en voiture avec ses potes, bourrés, le jour de la fête de l’indépendance ; sa rencontre avec Silvia et leur retour au « campo » ; les voisins jaloux ; son amour pour la musique … de très beaux échanges, très riches qui nous ont permis de sentir l’âme originelle de ce pays qu’est l’Uruguay, ou tout du moins de cette partie nord du pays.
L’après-midi, nous vivons une superbe expérience lors d’une balade à cheval à travers les terres de David, accompagné de Nathalie et de sa fille Mano, 4 ans, cavalière hors-pair! Ici, les chevaux sont montés sans étriers, avec comme première couche un tapis de laine pour les protéger du froid et des frottements, en deuxième couche un tapis antidérapant et enfin une selle en laine de mouton, épaisse, sanglée au cheval. Les rennes se tiennent dans une seule main et l’on dirige le cheval en écartant le bras à droite ou à gauche. Nathalie m’explique que le mors est très différent de celui que nous utilisons en France. Monter dans de telles étendues est un plaisir incroyable. Les chevaux trottent quasiment en permanence et galopent très facilement. Leurs allures sont toutes agréables. Ici on ne pratique pas le « trot enlevé », on suit simplement les mouvements du cheval…un régal! Les chevaux sont très adroits dans les passages de rivière, la boue, les marécages… Nous avons tous adoré ce moment magique!
En fin de journée, les enfants jouent avec Mano, qui cherche à entrer en communication avec Gaspard. De notre côté, nous préparons la viande d’agneau que Nathalie nous a vendue…6,50€ le kilo!!! Je n’aime pas le mouton ni l’agneau en France mais Sylvia, notre hôte suisse du début du voyage m’avait dit que je pouvais manger celui d’ici, qu’il n’avait pas du tout le goût que je connais. En effet, c’était un délice!
Le lendemain, nous partons en randonnée tôt le matin (vers 9h30) pour découvrir les collines et deux cascades cachées sur les terres de David. C’est Nathalie qui nous accompagne. La balade est agréable, Nathalie nous raconte l’histoire du chemin que nous empruntons, qui était utilisé par les indiens autochtones puis par les familles de colons qui se sont installées ici et qui l’empruntaient deux fois par an pour aller vendre leurs cultures ou leur bétail à d’autres villages. Elle nous montre des plantes médicinales, nous parle de la faune et de la flore locale. Nous discutons également politique, économie, société…encore une belle occasion de progresser en Espagnol, d’autant que Nathalie a grandi à bonne école, elle a la même capacité que son père à adapter sa vitesse ses mots et à comprendre nos imperfections.
Nous passons le dernier après-midi à profiter du soleil, lire, cuisiner, nous reposer, faire de la musique…les enfants jouent avec Mano qui vit sa meilleure vie!
Nous quittons « Miradores del Valle » le lendemain matin avec 24 oeufs de ferme achetés à Silvia et le sentiment d’avoir mieux compris l’histoire de l’Uruguay, son peuple et son âme.
Nous repartons pour la ville de Tacuarembo, puis on prend la route direction « Valle Eden » pour aller dormir dans un petit camping dans la forêt. Malheureusement, il avait plu et le terrain était tout humide. On a dû fabriquer des poteaux électriques avec des branches pour que le fil de notre enrouleur ne trempe pas dans l’eau. Ce camping a une aire de jeux un peu délabrée. Le lendemain nous allons randonner en direction d’une cascade.
Nous reprenons la route et papa regarde le compteur, et surtout le niveau de carburant qui paraît faible pour la distance à parcourir, on se met a chercher une station service. La prochaine station n’est pas plus proche que 100Km. Nous passons devant une petite école rurale au bord de la route. Nous décidons de nous arrêter pour nous renseigner où nous pourrions trouver de l’essence. Une maîtresse nous dessine le Km 140, un pont et une maison et les enfants font des « si,si ! »pour dire « oui, oui, c’est ici! ». Nous arrivons à la maisonnette où nous y trouvons un vieux monsieur. On lui demande de l’essence mais il nous dit qu’il doit attendre la livraison demain midi on lui demande si on peut dormir ici et il nous dit « oui » alors nous dormons là. Le lendemain matin, nous partons faire une randonnée en attendant. Une fois rentrés, nous attendons avec impatience l’arrivée du camion. Nous regardons les heures passer :13h, 14h, 15h, on vois un 4×4 arriver dans la cour et en fait nous attendions un camion, mais non, on attend un jerrican d’essence! Ouf! On peut reprendre la route!
Nous nous sommes posés sur un petit parking et le voisin est venu nous voir. On pensait qu’il venait nous dire de partir, mais non ! Il est venu pour nous dire de ne pas s’approcher de l’eau car il pleut et l’eau risque de monter. Il nous a apporté une galette au céleri et au fromage préparée par sa femme. Elle était excellente et il nous a demandé de venir signer demain chez lui son livre d’or.
Après avoir déjeuner nous sommes aller voir si Paolo (le monsieur qui est venu nous voir) disait vrai . Je crois qu’il a bien fait de nous prévenir! L’eau de la rivière est montée de deux mètres! C’est énorme!
Hier il nous a dis que si le pont était inondé il y aurait un autre accès. Alors nous empruntons le deuxième chemin avec plein de flaques d’eau nous avons peur de ne pas passer à cause des embourbements. On y va quand même, on avance petit à petit, de plus en plus prudents, et aux bout de quelques mètres on s’arrête devant un énorme trou de 20 cm plein d’eau. On se dit que c’est mort et on se fait à l’idée que l’on va devoir attendre que le chemin soit plus stable. On essaie par tout les chemins possible mais on ne peut pas passer, et plus on essaie de bouger, plus on s’enfonce! Même avec les plaques de désembourbement, impossible de bouger.
Moi et maman nous allons chercher de l’aide au lycée à côté ou travaille Paolo. Sa collègue appelle le gaucho d’à côté, puis Paolo nous ramène au camion en 4×4. On attend le tracteur 20 minutes. Le tracteur arrive, il nous remorque mais nous ne passons pas à la sortie du chemin. Heureusement que le gaucho connaît un autre passage! Il nous remorque jusqu’à la route et on arrive a s’en sortir .
Merci a toute ces merveilleuses personnes qui se sont pliées en 4 pour nous .
Un grand camping municipal gratuit hors-saison au bord de l’eau. Il est merveilleux et apaisant. Le coucher de soleil est merveilleux. Il y a des grands barbecues et des tables pour l’apéro.
Nous avons posé le camion à côté d’une aire de jeux pour les enfants et les chiens des propriétaires viennent nous saluer. Ils sont adorables!!!
Bonjour, je m’appelle Agathe Lepeltier, j’ai 11 ans et avec ma famille nous partons un an en Amérique du sud à bord de notre camion Inkaiko et ensemble nous sommes la « family offroad ». Dans mes articles je vais parler des rencontres, de mes ressentis et de la beauté de ce monde.