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2 :Colonia

Nous nous sommes rendus à Colonia, une vieille ville où les gens sont calmes et agréables. Quand tu croises les gens dans la rue tu les vois tous avec leur tasse de maté et leur thermos à la main. Un Monsieur nous a montré comment filer la laine de mouton pour faire des gorras.

Bienvenidos!

Bonjour, je m’appelle Agathe Lepeltier, j’ai 11 ans et avec ma famille nous partons un an en Amérique du sud à bord de notre camion Inkaiko et ensemble nous sommes la « family offroad ». Dans mes articles je vais parler des rencontres, de mes ressentis et de la beauté de ce monde.

1 : Paraizo Suizo

Après avoir récupéré le camion pile à l’heure, nous sommes allé à Paraizo Suizo, un merveilleux camping avec eau ,électricité, vidange et le plus important : de la place pour jouer.

RDV tous les soirs dans le bar où Sylvia la propriétaire des lieux invite ses hôtes à l’apéro pour discuter avec les autres voyageurs .

Quand la pampa nous met à l’épreuve…ou les erreurs de débutants!

Après notre passage au bord du Rio Uruguay, nous décidons de partir vers le nord du pays, une région agricole, berceau de la culture gaucho. Nous faisons une halte aux thermes de Guaviyù. Cette sorte de piscine municipale à ciel ouvert, bien connue des locaux propose plusieurs bassins chauffés par des sources chaudes naturelles. Il y a une petite dizaine de bassins en tout, chauffés à des températures différentes. Nous y passons la nuit, ils ont un petit camping avec eau et électricité. Le lendemain, nous nous baignons dans une eau à 37°C…c’est super agréable, d’autant plus que nous sommes seuls (c’est lundi, tout les locaux sont au travail 😉 ! ).

En fin de journée, nous reprenons la route et décidons de tirer un peu plus loin que Paysandù, sur la route de Tacuarembo. Nous trouvons un spot sur Google Maps…le seul sur des dizaines de km le long de cette route du rien! Le spot est proche d’une rivière. Nous nous installons d’abord à l’entrée du pont en pierre qui permet de franchir la rivière. Agathe et moi traversons le pont à pieds et découvrons une clairière un peu en hauteur. Nous décidons de bouger le camion pour nous y installer…une vague intuition qui s’avèrera plutôt bonne!

Une heure plus tard, à la nuit tombée, nous avons la visite de Paolo dans son Kangoo. Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait du propriétaire des lieux qui venait nous dire que ce terrain était privé et que nous devions partir. Mais il n’en était rien. C’est un voisin, professeur dans le lycée agricole d’à côté, qui venait nous prévenir qu’il allait beaucoup pleuvoir et que nous ne devions pas rester au bord de l’eau (intuition correcte donc!!!). Il nous apporte en prime un plat préparé par sa femme, tout chaud, à peine sorti du four! Il nous demande de venir le lendemain à sa maison pour signer son livre d’or. Il a créé ce point sur Google Maps et aime voir des voyageurs s’y arrêter…même si nous sommes finalement assez peu nombreux à nous enfoncer au Nord de l’Uruguay. Il nous indique une piste que nous pourrons emprunter demain pour repartir si le pont n’était pas praticable.

Paolo avait raison, la nuit fut mouvementée! Une pluie diluvienne s’est abattue sur la plaine, jusqu’à midi environ. Nous en profitons pour rester au chaud et travailler un peu: Ecriture et lecture pour Gaspard, rédaction pour Agathe, Espagnol pour moi et MAO pour Sylvain… Vers midi, une accalmie nous permet de sortir. Nous allons voir s’il est possible de traverser par le pont. Paolo avait bien raison, la rivière est montée de 2 mètres! Si nous avions dormi là, le camion aurait été emporté par le courant!

Nous repartons donc par la piste indiquée la veille chez Paolo, avec l’intention de nous rendre chez lui pour remercier sa femme et signer leur livre d’or. Nous marchons quelques dizaines de mètres pour vérifier l’état de la piste. Cela a l’air de passer. Nous nous aventurons donc sur cette piste, qui n’est autre en réalité qu’un chemin herbeux emprunté par des tracteurs…transformé pendant la nuit en un marécage plus ou moins profond. Notre Inkaiko s’en sort plutôt bien, jusqu’à un passage vraiment profond. Nous étudions le terrain sous tous ses angles…ça ne passera pas! Nos options? Bien maigres! Demi tour: impossible – Marche arrière: très aventureuse! – Tenter le tout pour le tout : on ne sait jamais, sur un malentendu ça pourrait passer!

Nous décidons alors d’essayer de passer en dessinant un chemin un peu moins immergé que le reste de la piste. Cela fonctionne…sur 5 mètres!!! Comme nous l’imaginions, notre Inkaiko s’enfonce par l’avant. On sort les plaques de désensablement, cela fonctionne sur 1 mètre mais elles sont trop légères, le camion trop lourd, et la boue trop profonde. On ne s’en sortira pas seuls, il faut aller chercher de l’aide!

Agathe et moi partons donc à pieds vers le lycée agricole où travaille Paolo à 500 m de là. Je reconnais sa voiture sur le parking. Nous allons frapper à la porte. Paolo nous ouvre et je lui explique notre problème. Voici un nouveau mot que je viens d’apprendre en Espagnol: « enterrado! » Sa collègue appelle de suite le gaucho de la ferme voisine. Celui-ci va arriver avec un tracteur et nous remorquer. Paolo nous ramène en Pick-up jusqu’au camion, puis le tracteur arrive vingt minutes plus tard. Il nous tire de là sans encombre et nous ramène jusqu’à la route. Sans traîner, le gaucho repart à la ferme et nous salue.

Paolo nous conduit ensuite en pick-up jusqu’à chez lui, cette fois nous laissons le camion sur le bitume! Il s’excuse d’avance pour le désordre dans sa maison qui est en réalité un container qu’il a fait installer ici il y a un an, lorsqu’il a acheté ce terrain. Il a pour projet de construire une maison écologique et de créer un petit camping pour accueillir des voyageurs. Pour le moment il vit dans ces quelques 20m² avec sa femme Denise et son fils Octavio dans la plus grande simplicité. Denise nous accueille avec un grand sourire. Nous passons un petit moment avec eux, échangeons des photos grâce à notre appareil instantané et écrivons chacun des petits mots dans nos livres d’or respectifs. Denise me partage la recette du plat qu’elle nous a concocté hier soir et m’offre un collier réalisé par son amie. C’est un pendentif en résine dans lequel sont emprisonnées des pétales de fleurs de son jardin (j’en ferai mon porte-bonheur, elle y a mis tellement d’intention positive!). Denise semble très attachée à ce lieu et souhaite y faire de grandes choses. Elle offre également aux enfants un livre sur les animaux d’Uruguay. Octavio sort tous ses jouets pour partager un moment avec Gaspard qui, pour une fois, fait le timide. La barrière de la langue fait vraiment obstacle à sa spontanéité. Cette famille nous touche énormément. Ils ont si peu de choses et se montrent tellement généreux. Nous n’avons rien à leur offrir hormis cette photo instantanée de nous 7 et quelques « muchas gracias » qu’on ne cesse de répéter. Une belle leçon d’hospitalité et d’humanité! Nous nous quittons avec de grandes accolades et promettons d’un jour revenir séjourner dans leur camping!

Nous reprenons la route. Environ 150 km nous sépare de Tacuarembo, la prochaine ville. Notre réservoir nous indique 100km restants, il nous faut trouver une station service. Or, nous avons beau chercher sur Maps, aucune station avant Tacuarembo! Nous entrons en réserve en nous demandant comment faire, sans pour autant céder à la panique. Un étrange sentiment de confiance m’anime, comme l’intuition que nous allons trouver une solution. Il n’y a rien ici: pas un village, pas âme qui vive… A un carrefour, nous passons devant une école dans laquelle il semble y avoir du monde. Je descend pour demander où je peux trouver un peu de gasoil. Une enseignante me propose d’entrer. A l’intérieur, une dizaine d’enfants de tout âge, réunis autour d’une unique table près d’un feu de cheminée. Ici les enfants se font rares. C’est l’exode rural. Certaines école (escuela rural) ne comptent que 3 ou 4 élèves. L’enseignante m’indique une maison, 20km en arrière, au km 141, qui vend de l’essence. Nous rebroussons donc chemin. Il doit nous rester de quoi parcourir 30km à tout casser dans le réservoir.

Nous arrivons à la maison indiquée. C’est une grande construction en tôle sur laquelle un écriteau affiche « cerrado » (fermé). Nous nous garons un peu plus haut et un monsieur âgé vient à notre rencontre. Il parle un espagnol très local, flanqué d’un accent incompréhensible! Nous peinons à nous comprendre. En gros, nous comprenons qu’il n’a plus de carburant pour le moment mais qu’il sera livré le lendemain vers midi. Nous demandons donc à passer la nuit ici. Il accepte volontiers….nous sommes sauvés! Nous nous garons un peu plus haut, sur une surface plane et passons le reste de la journée à jouer aux jeux de société.

La nuit suivante est très venteuse, le camion est fréquemment secoué par les bourrasques. Ici, il n’y a rien pour arrêter le vent. Nous sommes au milieu d’une plaine gigantesque et aride, balayée par le vent. Nous apercevons au loin quelques estancias distantes les unes des autres de plusieurs kilomètres. Les prairies ici sont énormes, bien plus étendues que nos champs normands. Il y a bien plus de vaches, de chevaux, de moutons et d’oiseaux que d’humains dans ces contrées reculées.

Le lendemain, nous profitons de l’attente pour travailler à nouveau notre espagnol. Gaspard s’adonne à son travail scolaire, Agathe continue à écrire ses articles…nous vivons doucement en vaquant chacun à nos occupations. Le monsieur, peu bavard, me confirme que le Gasoil va arriver aujourd’hui. L’heure passe. Nous partons en balade le long du chemin au bord duquel nous sommes garés. Il mène à une estancia quelques kilomètres plus loin. Nous prenons la mesure de l’immensité de ces territoires. La plaine s’étend à perte de vue, sans aucun obstacle à l’horizon. Pas une colline, pas une construction, que des champs d’herbe sèche bordées de clôtures où paissent paisiblement les animaux.

Nous rentrons au camion, préparons un maté et attendons patiemment cette livraison de carburant qui semble ne jamais arriver.

Enfin, vers 15h30, une pick-up apparaît sur la route et entre dans le chemin. Nous attendions un camion citerne…ce n’est en réalité qu’un coupe de cinquantenaires qui rentre de la ville, le pick-up chargé de provisions. Il s’avère que ce sont les propriétaires du barraquement en tôle et qu’à l’intérieur se trouve…une épicerie! La femme accroche le panneau « abierto » sur la porte. Je vais à leur rencontre et pénètre dans l’épicerie. C’est une sorte de foire à tout: nourriture, vêtements, cigarettes, pain et tout un tas de bric à broc qui pourrait être utile aux locaux dans l’urgence. Nous expliquons notre problème de carburant. L’homme est déjà au courant, le vieux monsieur l’ayant prévenu par téléphone. Nous en profitons pour acheter deux bières, des cigarettes et un peu de pain. L’homme nous dépanne 20 litres de diesel et nous préviens de toujours faire le plein avant de quitter une ville.

Nous le remercions vivement et reprenons la route vers Tacuarembo.

Pendant ces deux jours, la pampa nous aura mis à l’épreuve. Nous commençons à prendre la mesure des distances sur ce continent et à comprendre ce que veut réellement dire « in the middle of nowhere »! Ici la vie est rude, les éléments ne font pas de cadeau aux habitants en cette saison hivernale. Nous nous disons que vivre ici relève tout de même du défi!

Pendant ces deux jours nous aurons appris, pendant ces deux jours nous aurons voyagé…

Colonia et sa région

Après ces 3 jours de repos et de préparation, nous voilà fin prêts pour commencer notre aventure. Nous quittons le petit cocon rassurant de Sylvia avec tout de même un peu d’appréhension car cette fois, nous nous jetons vraiment dans le grand bain!

Nous nous dirigeons donc vers Colonia del Sacramento, à l’ouest du pays, petite ville coloniale réputée pour sa tranquillité, ses rues pavées et ses maison colorées. C’est en effet une jolie petite bourgade touristique où il fait bon vivre. Les passants se promènent le long de la rambla, sirotant un maté, thermos sous le bras. Ici plus qu’ailleurs, on peut sentir la « coolattitude » des Urugayens.

Colonia mérite d’y passer une petite journée (repas du midi compris) pour profiter de la vieille ville mais aussi de sa longue rambla le long de l’embouchure du Rio Uruguay.

En face, l’Argentine. Des touristes de Buenos Aires traversent l’embouchure en bateau pour venir passer la journée ici. La traversée dure une heure seulement.

Après une balade dans la vieille ville, nous allons poser Inkaiko un peu plus loin, au bord de la plage pour passer la nuit. On se sent vraiment en sécurité ici, les habitants sont adorables et bienveillants. C’est sans crainte que nous dormons à poings fermés dans un parc le long de la rambla.

Nous décidons de repartir le lendemain matin en direction de Paysandù, en longeant le Rio Uruguay. Nous ferons escale au bord du fleuve pour profiter (enfin) d’être en pleine nature. Nous trouvons un lieu magnifique, un camping municipal, gratuit hors saison mais qui offre tout de même eau et électricité. Nous sommes quasiment seuls, il y a un petit van à 100mètres et un papa et son fils avec leur voiture et une tente plus loin, près de l’entrée.

Il y a des dizaines de Barbecues disséminés sous les pins. Ceci est très fréquent en Uruguay où l’Asado (viande grillée) est une institution! Les Uruguayens sont des férus d’activités de plein air et passent leur temps dehors à marcher, pêcher, faire du sport ou simplement se réunir dans les parcs autour d’un barbecue pour la journée.

Nous ferons alors notre premier Asado du voyage…au feu de bois s’il vous plaît! La viande est excellente et très peu chère en Uruguay…ce qui fait le bonheur de Sylvain et d’Agathe qui sont de véritables carnivores! Nous buvons l’apéritif devant un coucher de soleil spectaculaire sur le Rio Uruguay avec l’Argentine comme horizon, en pensant que dans quelques semaines nous serons nous aussi de l’autre côté. Nous passons une excellente soirée au coin du feu, comme on les aime, seuls au monde.

Paraiso Suizo…quelques jours au calme pour nous acclimater et nous organiser

A la sortie du port, nous nous sommes dirigés vers ce petit écrin de verdure en bordure de l’océan tenu par Sylvia, une Suisse qui accueille les voyageurs qui reviennent du port de Montevidéo ou ceux qui repartent. C’est une super adresse!

Sylvia vous accueille comme ses invités, vous pouvez y trouver une bouteille de gaz, remplir le réservoir d’eau, brancher l’électricité. En prime, des sanitaires très propres, un four à pain, un barbecue, un espace pour la vaisselle… et chaque soir un apéro organisé avec tous les voyageurs présents!

Nous sommes aussitôt accueillis par Christophe et Monica, un couple austrio-germanique qui roule en Unimog et qui vit dans son camion à l’année! Des gens adorables!

Nous passerons 3 jours et 4 nuits ici, le temps d’organiser le camion, de faire des courses, de mettre en route la Starlink et le Blog. Les enfants apprécient, nous sommes loin de l’effervescence de Montevideo, ils peuvent jouer librement dans le terrain et faire du vélo en toute sécurité!

La plage est à 50m, une magnifique étendue de sable blanc et fin qui s’étire à perte de vue, surmontée de hautes dunes grignotées par l’océan. Le vent d’Ouest est fort. Ici c’est encore l’hiver et les éléments sont encore déchaînés. La balade le long du littoral est vivifiante. On imagine notre continent, là-bas, de l’autre côté de l’Océan et on prend doucement la mesure de ce qu’on est en train de vivre.

Ces 4 jours chez Sylvia nous ont permis d’atterrir…dans tous les sens du terme et de nous caler sur un nouveau rythme…au ralenti. Je croyais que cela prendrait plus de temps, mais finalement nous apprécions très rapidement de ne rien faire…le fait d’avoir un an devant nous change complètement notre vision des choses! Il n’y a plus rien d’urgent, d’impératif. L’efficacité est le dernier de nos soucis…nous faisons les choses parce qu’on en a envie et on arrête quand on en a marre. Nous sommes au ralenti dans cette roue du temps qui continue à défiler rapidement et qu’importe!

Ce que nous retiendrons de cet arrêt chez Sylvia c’est cela : nous avons appris à ralentir!

Arrivée au Brésil

Nous passons une dernière nuit à une vingtaine de kilomètres de la frontière brésilienne pour finir les produits frais qu’il nous reste dans le frigo, la loi brésilienne interdisant toute entrée de produits périssables venant d’un autre pays.

Le matin du 31 août, nous nous dirigeons donc vers Chuy pour passer au Brésil. Les formalités ne prennent pas de temps. Il n’y a personne au poste frontière côté Uruguay. Nous devons d’abord faire valider notre sortie de territoire et faire tamponner le TIP d’Inkaiko pour justifier que le véhicule est bien sorti du pays. Cela prend un petit quart d’heure.

Nous prenons ensuite un peu de temps dans Chuy pour acheter des cartes prépayées brésiliennes pour nos téléphones dans une pharmacie (eh oui, au Brésil c’est le pharmacien qui vend les cartes de téléphone!). Ils se mettent à trois pour nous expliquer tant bien que mal qu’il nous faut un « CPF » pour valider notre numéro. Nous comprenons que c’est à la douane brésilienne que nous devons avoir ce CPF, pensant qu’il s’agit d’un numéro qu’on obtient systématiquement lors de la pose du tampon sur notre passeport. Nous prenons tout de même les cartes sim en nous disant que nous les activerons après le poste frontière. Nous nous arrêtons ensuite dans un supermarché pour faire quelques courses. Les prix n’ont rien à voir avec ceux de l’Uruguay, on est plutôt 20 à 30% moins chers qu’en France. De nombreux Uruguayens se rendent d’ailleurs régulièrement à la frontière pour faire le plein de vivres à des prix abordables.

Une fois le plein de courses effectué, nous nous arrêtons au poste frontière brésilien. Là encore, le passage est une formalité très rapide. Le camion n’a pas besoin de papier car le Brésil a une frontière commune avec la France (la Guyane). Finalement, personne ne nous demandera si nous transportons des vivres périssables. La grande fréquentation de cette frontière par les Uruguayens qui viennent remplir leurs frigos finit par rendre les douaniers plus laxistes…ce qui nous arrange bien! les douaniers très sympathiques nous souhaitent un bon voyage et continuent à visionner leur film en noir et blanc sur leur écran d’ordinateur…

Une fois la frontière passée, j’essaie d’activer ma carte SIM…quelle histoire! Je ne comprends absolument rien, on me demande mon DDD, mon CPF…tout cela en portugais brésilien! Nous comprenons mieux pourquoi le pharmacien insistait pour nous dire de demander ce numéro à la frontière! Je lis dans le guide du Routard que l’activation d’une carte SIM au Brésil relève du parcours du combattant et que le mieux est de demander à un ami brésilien de vous prêter son CPF (décidément, ce numéro a l’air d’être un véritable sésame ici!!!) sans quoi il faudra passer dans une poste locale pour effectuer diverses démarches administratives afin d’avoir notre propre numéro qui semble servir de numéro d’identification fiscale. Nous nous disons que nous ferons ces démarches demain (n’ayant pas d’ami brésilien sous le coude!).

Nous roulons jusqu’à Cassino, une petite ville balnéaire au Sud de Porto Alegre où nous souhaitons nous poser quelques jours. Nous nous installons dans un camping très bien équipé, tenu par un quarantenaire très sympathique. Je lui parle de mon problème de carte SIM et le pauvre homme, que la bonté perdra, me propose de m’aider. Il passera plus d’une heure à activer ma carte, scanner sa pièce d’identité contenant le fameux « CPF », trouver le bon indicatif (il y en a un pour le Brésil et un différent pour chaque état), et recommencera l’opération pour celle de Sylvain! Il me dit qu’au Brésil, ils ont l’art et la manière de compliquer les choses! En tout cas il est clair que sans son aide je n’y serai jamais arrivée! Je m’excuse mille fois pour avoir abusé de son temps…je ne croyais pas si bien dire, en un clin d’oeil la nuit est tombée! Je crois que lui non plus n’avais pas mesuré le temps qu’il y avait passé! Se rendant tout à coup compte de l’heure, il part précipitamment en me disant poliment qu’il habite la maison qui jouxte le terrain de camping et qu’on peut l’appeler en cas de besoin (mais je crois qu’il croisait fort les doigts pour que nous ne l’interpellions plus!).

Jusqu’ici nous avons beaucoup de chance, nous croisons les bonnes personnes au bon moment et ce qui pourrait se transformer en petit tracas reste finalement une formalité. Cela a été le cas pour le gaz avec Sylvia, pour notre enlisement avec Paolo et pour cette carte Sim avec ce propriétaire de camping! Le soir venu, je remercie en silence cette bonne étoile qui semble veiller sur nous depuis que nous sommes partis en espérant qu’elle continue à nous accompagner jusqu’à la fin de ce voyage et plus encore!!!

Arrivée à Montevideo

Après un long voyage de plus de 24h, 3 escales et quelques heures de sommeil entrecoupé, nous atterrissons à Montevideo. Un taxi nous emmène jusqu’à l’appartement que nous avons réservé pour 3 nuits en attendant le camion. La personne qui nous ouvre l’appartement arrive juste 5 min après nous. Il fait froid dehors (11°C) et la température à l’intérieur de l’appartement est à peu près similaire! Apparemment les Uruguayens ne craignent pas le froid…les fenêtres sont toujours grandes ouvertes dans les maisons, même en hiver! La femme de ménage nous montre rapidement l’appartement, ses équipements (très sommaires!), dans un espagnol rapide et incompréhensible!!!

Nous sommes fatigués, un peu déboussolés par le décalage horaire, mais heureux d’être là, tous les 4, à l’aube de notre aventure. Gaspard s’effondre sur un lit pour quelques heures et pendant ce temps là, Agathe et moi partons faire un tour dans les rues voisines pour faire du change à un taux intéressant, acheter des cartes de téléphone et quelques vivres pour manger. Ici personne ne parle anglais, même dans les bureaux de change, je comprends vite qu’il va falloir progresser en Espagnol rapidement! Mais les gens sont extrêmement gentils, ils s’expriment doucement pour me permettre de comprendre et finalement on s’en sort plutôt bien. Nous finissons cette journée par un petit tour dans les environs: nous longeons l’immense port dans l’espoir d’apercevoir le camion sans succès, puis allons voir la plage. Le vent est glacial, la nuit tombe tôt (18h) et nous rentrons manger. Le sommeil nous gagne très tôt, il est 20h ici mais déjà 1h du matin en France…la journée a été très longue!